Ce que vous savez ou ne savez pas sur les Ardennes [1] ...
[ Ardenne/Ardennes | Des chiffres | Rattachement | Ardoise/Ardoisières | Fer et Bois | Sedan / Sanglier
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  • L'Ardenne est le Massif primaire situé pour l'essentiel en Belgique, en partie au Luxembourg et se poursuivant jusqu'en Allemagne (Massif de l'Eifel, Massif schisteux rhénan). La zone française n'en représente qu'une faible part, au nord du département.
    Ce qui n'est plus aujourd'hui qu'un plateau fut, à l'époque hercynienne (~350 millions d'années, la mention avant JC n'en change pas fondamentalement la durée !), une zone de hautes montagnes dont l'altitude a pu être comprise entre 5000 et 10000 mètres. La flore témoigne de son passé géologique.
    [ Une introduction à la Géologie de la Wallonie ]
    Au fil du temps, le relief a été raboté par l'érosion, l'Ardenne est devenue plaine, jusqu'à ce que le fameux contrecoup du plissement alpin finisse par la relever, obligeant les rivières et même les ruisseaux à y creuser les profondes vallées qui en font la principale originalité.

  • Le point culminant de l'Ardenne est situé en Belgique (694 mètres au Signal de Botrange, dans les Hautes Fagnes). La partie française culmine à 504 mètres (503 ?), à la Croix-Scaille (scaille = écaille = ardoise) sur la frontière. On peut s'y rendre par la route à partir des villages belges de Willerzie ou de Louette Saint-Pierre, ou à pied, depuis le hameau des Vieux Moulins de Thilay, où vécut Marguerite Fontaine, éminente figure de la Résistance ardennaise. Depuis 2001, le visiteur pourravait découvrir le Plateau en gravissant les 234 marches de l'escalier de la "Tour du Millénaire" qui domine les lieux du haut de ses 60 mètres.

    Le 7 juillet 2008, la tour du Millénaire a été détruite. Le bois étant pourri, son accès a tout d'abord été interdit avant qu'on ne se rende compte de l'ampleur du désastre.
    [ Le Soir 15/05/08 | actu24.be 07/06/08 | MAtélé.be 11/09/08 | MAtélé.be 27/02/09 ]

    Plus on avance, plus le montant pour la reconstruction de la tour prend de la hauteur.
    « Au départ, il était question de 200.000 €. Aujourd'hui, on en est loin. On parle de 591.000 €. À cela, il faut ajouter des honoraires. On arrive à une somme avoisinant les 650.000 € »
    .
    Une seconde offre atteint le montant de 714.000 €. La construction initiale avait coûté quelque 750.000 € d’argent public (subsides européens, région wallonne et commune) !
    [ L'Avenir (Namur) 04/01/2011 - Gedinne ]
    Aux dernières nouvelles (mars 2012), le "remontage" de la Tour du Millénaire devrait débuter en avril 2012. Le nouveau projet prévoit le remplacement des pins Douglas par des poutrelles métalliques galvanisées, en partie recouvertes par des poutrelles de bois.
    ...le transport des 6 mâts métalliques de 30 m de long est programmé pour la nuit du lundi 21 au mardi 22 mai...
    [ Actu Gedinne ] [le Moniteur belge] [ actu24.be du 4 mars 2009 ]


      Depuis Jules César (la Guerre des Gaules), on sait qu'ar duina ("silva arduina" ou "arduenna silva") est la "forêt profonde" et que ses occupants celtes (Eburons, Trévires, Rèmes?) y vénèrèrent la déesse Arduinna, représentée chevauchant un sanglier.

  • Les Ardennes sont un département né du découpage de la France à la Révolution française, approuvé par l'Assemblée Nationale le 15 janvier 1790. Le nom choisi initialement pour le nôtre était "département septentrional de la Champagne", appellation corrigée en "Ardennes", le 12 mai 1790. Le choix de Mézières comme chef-lieu n'a été fait qu'au terme d'âpres discussions, les autres candidats étant Charleville, Rethel et Sedan.
    (voir l'ouvrage "Provinces, départements, régions, l'organisation administrative de la France d'hier à demain" par Jean-Louis Masson - 1984)
    [ Pourquoi le pluriel ? ]

  • Quelques années plus tard (an IX : 1800-1801), la Société d'Agriculture du département (concernée principalement par la partie champenoise) se plaignait :
    "... que par une fatalité qui tient à une erreur de géographie, on a donné à la partie de la Champagne que nous occupons le nom de Département des Ardennes ; que, par une fatalité plus grande encore, on s'est persuadé, dans le monde savant, que les Ardennes, habitées par des sortes de sauvages, sans goût et sans aptitude pour les beaux-arts, étaient condamnées à rester éternellement dans les ténèbres de l'ignorance."
    [cité par Octave Guelliot : Géographie Traditionnelle et Populaire du Département des Ardennes / 1931]


  • La partie ardennaise du département, avec ses schistes (phyllades) et ses quartzites, n'en représente qu'environ 10%. Par son étendue, la forêt inspire la crainte, comme l'évoque Walter Scott, dans "Quentin Durward". Il y est fait référence à l'assassinat du Prince-évêque de Liège par Guillaume de La Marck, surnommé "le Sanglier des Ardennes" (1482).
    "... Elle est si grande que les gens qui viennent par la mer n'osent y aborder à cause des éléphants, des lions, des serpents et des dragons... ["A travers l'Ardenne française" - 1890, par I.A.Bayeur, citant Parténope de Blois]


  • La partie sud du département est champenoise, sur des terrains essentiellement calcaires (Crétacé). Les plaines de la Champagne sont prolongées à l'est par celles, plus boisées, de l'Argonne.


  • Entre ces deux zones se trouvent les Crêtes pré-ardennaises (Jurassique), dont les paysages ne manquent pas de rappeler ceux du bocage normand : c'est une zone d'élevage et de culture d'arbres fruitiers, sur des terrains le plus souvent argileux et calcaires.


  • Les géographes ont parfois découpé ces trois grands secteurs, jusqu'à y trouver huit "pays" différents. La variété géologique et celle des paysages font bien des Ardennes un pays "pluriel", appellation attestée dès le XVIIème siècle.

  • "Il y a dans le même pays plusieurs mondes véritablement. Si l'on explore les Ardennes, ce n'est pas une forêt que l'on découvre, mais mille forêts...
    André Dhôtel (Le Pays où l'on N'arrive jamais, prix Fémina 1955).
    Retrouvez le "Promeneur du Mont-de-Jeux" au travers des articles parus dans le "Curieux Vouzinois", ou allez à l'aventure sur "la Route inconnue", chez les Amis d'André Dhôtel. Voyez et écoutez André Dhôtel chez Bernard Pivot dans l'émission Apostrophes, en mars 1982.
  • Ce pluriel, parfois qualifié de "déformation typiquement française" [?], s'applique aussi au massif, vu à travers ses différents pays, mais également dans chacun d'eux (les Ardennes belges, les Ardennes luxembourgeoises, ...), preuve, s'il en était besoin, de "leur" diversité !
    "On ne dit pas les Ardennes belges, mais l'Ardenne belge. L'Ardenne est en Belgique. "Les Ardennes" désigne soit les Ardennes françaises, soit l'ensemble du massif franco-belge" (commentaire sur Wikipedia, d'un rédacteur belge de la province de Luxembourg). C'est en Belgique (Bastogne, Houffalize, Saint-Vith, Malmédy) qu'a eu lieu la Bataille des Ardennes de l'hiver 1944-45.

  • Comment sont vues les Ardennes (belges, françaises, luxembourgeoises) : [ Profil Ardenne ]


  • Champagne-Ardenne ou Champagne-Ardennes ?
    La région administrative à laquelle est rattaché le département des Ardennes s'appelle Champagne-Ardenne. La Champagne (région géographique ou ancienne province) en occupe la plus grande partie, l'Ardenne n'étant présente que dans sa partie la plus septentrionale. Un tiers des références rencontrées sur Internet emploient le pluriel, le plus souvent par ignorance, parfois par chauvinisme, quelquefois pour les deux raisons.

  • La Champagne et les Ardennes ?
    Cette association est parfois employée, notamment lors de la présentation des bulletins météorologiques couvrant le territoire national. La zone champenoise du département y est donc deux fois concernée.
    Si par "Ardennes", il faut comprendre "Ardennes française et belge", les prévisons annoncées sortent alors du cadre national...

  • La Champagne sans l'Ardenne ?
      D'éminents responsables économiques et néanmoins penseurs estiment que le nom de l'Ardenne associé à celui de la Champagne est un "boulet" pour l'image de marque de la région. Ils voudraient donc faire table rase du passé. Si le premier de chorale (le P.P. flingueur qui a pris le trait d'union entre Champagne et Ardenne pour un signe de soustraction) est marnais [*], des voix ardennaises, à quelques circonvolutions et bémols près, se sont jointes au concert. Dire que la région se porterait mieux sans son "Ardenne", c'est vouloir lire dans le marc ... de champagne dont la production atteindrait 440 millions de bouteilles en 2030 ! C'est vouloir dire que ce qui n'a pas été fait dans un récent passé sera, promis-juré, réalisé dans les deux prochaines décennies.
    [ l'union/L'Ardennais du 1er novembre 2010 ]
      Il semble que les propos tenus (par des roitelets se prenant sans doute pour des aigles ?) ne fassent pas plaisir à tout le monde, si l'on en juge par les commentaires adressés ici ou là. Commentaires qui auraient plus de poids s'ils étaient - plus souvent - mieux argumentés et visaient les bonnes cibles !
      Aux dernières nouvelles, et devant le tollé, les mêmes responsables, embarrassés, commencent à faire marche arrière. Ont-ils seulement fait le calcul du coût de ce changement, que bien sûr, ils avaient prévu d'assumer eux-mêmes ?
      Si Dom Pérignon, natif de Sainte-Menou, n'était point allé jusqu'à Limoux, célèbre pour sa "blanquette", et n'en avait rapporté la méthode devenue "champenoise", la Champagne ne serait peut-être aujourd'hui qu'une ... campagne.
    [*] marner :
      - amender (une terre) avec de la marne (syn. marler).
      - travailler durement (pop., arg.).
      - s'élever au-dessus du niveau moyen (en parlant de la mer ou de la marée).
      - parler (en "parler" ardennais de région champenoise).
      - bougonner, ronchonner (en "parler" ardennais).


  • [ L'Atlas de Champagne-Ardenne 2004 | Immigrations en Champagne-Ardenne depuis 1789 ]

  •   Les origines du nom "Ardenne", citées dans la littérature, parfois officielle, et à présent sur des sites Internet, sont aussi diverses que variées, que l'on soit en Belgique ou en France :
    • *ard : haut, hauteur (racine celtique),
    • *ardu : hauteur boisée
    • Ar denn : les chênes, la forêt de chênes, la forêt,
    • Ar Dean : la forêt,
    • Ar Duen : la noire,
    • Ar duin : la profonde,
    • Ar duin[n]a : la forêt profonde,
    • ard-bhenn/venn, d'où ard-uenn : montagne élevée [ source ],
    • Arduum : lieux élevés (mot d'origine latine selon le PNRA),
    • Arduin[n]a, Ardvinna, Ardbinna, Arduen[n]a, Ardoina : déesse de la nature (aux côtés d'Arti ou d'Epona), soeur d'Artémis, déesse de la chasse dans la mythologie grecque (devenue Diane, dans sa transposition romaine),
    • Arduennensis : des Ardennes (Grégoire de Tours).
      Comment s'y retouver dans cette "forêt" de propositions ?

  • "Ardennes vertes" ?

  •   "Ardennais" et "Ardennaise", quand ils désignent les habitants de l'Ardenne ou des Ardennes, sont des noms propres et à ce titre, ont droit à une majuscule. Non par faveur spéciale ou pur chauvinisme, mais parce que c'est la règle, ou pour le moins, une recommandation du "bon usage" !
      "ardennais" et "ardennaise" s'écrivent avec une minuscule quand ils sont utilisés comme adjectifs.

Superficie : 5246 km2 (70ème département)
Forêts : 152700 ha (29%), principalement de feuillus (chênes rouvres [23.157 ha] et pédonculés [10.842 ha], hêtres, bouleaux, charmes, frênes, érables, peupliers, ...) et 18 % de résineux.
[ L'Ardenne - Inventaire forestier national ]
[ la forêt française occupe 161.000 km2, soit 29,2% du territoire ]
La cellule archéologique du C.G. a découvert (en 2011 à Douzy) les restes d'un chêne datant de ~8000 à ~10.000 ans avant notre ère, ce qui en ferait un des plus vieux chênes d'Europe.
Surfaces agric. : 309530 ha (59%) dont
- 176500 ha de terres arables (57 % de la SAU),
- 132750 ha de prairies (43 %),
réparties en 2384 exploitations, soit 126,8 ha par exploitation.
[chiffres 2008]
En ce qui concerne le blé, le rendement actuel est similaire à celui de la Brie et de la Beauce (~80q/ha), alors qu'en 1955, on a produit 1.188.000 quintaux sur une surface de 44.000 ha (~27q/ha).
Frontières :

avec la Belgique (155 km),
avec les départements de l'Aisne (65 km), de la Marne (75 km) et de la Meuse (65 km).
Le département n'a pas de frontière avec l'Allemagne, ni ... avec la Sibérie !


Hydrographie :

* 3470 km de cours d'eau, les principaux étant la Meuse (137 km, altitude de 160 à 100 m, 26 écluses), et l'Aisne (140 km). [ Ouvrages 08 - Viking08 ]
Les travaux entrepris pour la canalisation de la Meuse ont été effectués de 1875 à 1878. C'est la canalisation de la Meuse néerlandaise (~1930) qui aurait porté un coup fatal pour le saumon qui disparaît de la Meuse (et de la Semoy) dans les années 1935-1937. On peut regretter que la Meuse ne soit au garabarit européen qu'en aval de Givet, alors qu'elle doit se contenter du gabarit Freycinet (avec des écluses de 45,30m x 5,70m, pour des péniches de 250 tonnes) en amont.
...et le Général de déplorer : « il est inconcevable que la Meuse canalisée à 1.350 tonnes en Belgique jusqu'à notre frontière, ne soit pas aménagée en France au bénéfice de l'axe Méditerranée-Mer du Nord ».(avril 1963)

Pendant des décennies, la Meuse a vu passer les Mignoles (bâteaux "ardennais", à avant et arrière plats, et au "nez" relevé) avec leurs chargements d'ardoises.


* Lac des Vieilles Forges (150 ha, 12 km de berges), et
* Lac de Bairon (140 ha), aménagés en bases de loisirs.
Les Ardennes dépendent de deux bassins fluviaux : le bassin Seine-Normandie (au sud), et le bassin Rhin-Meuse (au nord). La limite de partage des eaux se trouve sur les Crêtes pré-ardennaises, matéralisée par des amas de pierres, de part et d'autre de l'autoroute A34, à hauteur de Villers-le-Tourneur.

Routes :* 3247 km, à la charge de la Direction des Routes et Infrastructures (DRI) du département, à l'exception de [seulement]
* 130 km de routes nationales et voies autoroutières non concédées, à la charge de l'Etat, via la DIR Nord (Direction Interministérielle des Routes) dont le siège est à Lille.
* les autres départements de la région Champagne-Ardenne dépendent de la DIR Est (siège à Nancy) pour la Marne et la Haute-Marne, et de la DIR Centre-Est (siège à Lyon) pour l'Aube.
* sans oublier la branche ouest de l'Y ardennais...
Population :* 290130 habitants (en 1999), en baisse de 6% par rapport à celui de 1990 (en 1900 : 0,8 % de la population française, un siècle et deux guerres plus tard : 0,5%). Fin 2006, le chiffre officiel est de 285.563 habitants (294.635 avec doubles comptes).
* La densité de population est la moitié de la moyenne nationale...
* Selon les projections actuelles, elle ne sera plus que de 260000 habitants (0,4 %), en 2025.
[ Evolution 1791...2030 | Flux migratoire 1990-99 | Communes 1876... | Carte 1975-1999 ]
-> Région : 1.342.363 h (dont Aube : 293.131, Marne : 565.229, Haute-Marne : 194.873 h en 1999), 1.339.000 h en 2005, 1.338.850 h fin 2006.
(1968 : 1.279.271 / 1975 : 1.338.832 / 1995 : 1.350.114 [max] / 2005 : 1.337.759 [min])
-> France : 58.518.000 h en 1999, 62.000.000 h en 2005, 63.185.925 h fin 2006.
[ Chiffres officiels 2009 (fin 2006) pour les Ardennes | Chiffres 2012 (fin 2009) ]
* Budget Ardennes : 414,2M€ => 1433€/hab. / Hauts-de-Seine : 1714M€ => 1130€/hab. (2008)
* Les chiffres communément indiqués sont ceux des populations sans double compte. Les chiffres avec double compte servent de base, de manière générale, à l’application du Code général des collectivités territoriales (nombre de conseillers, indemnités afférentes, nombre de grands électeurs, dotations de l’Etat, ...).


* emplois salariés : 90358 / emploi total : 99534 [=> 102.966] dont :
industrie 25859 26% => 24,4%
construction 6136 6,1% => 6,6%
tertiaire 62874 commerce : 6,1% => 11,8%
services : 51,2% => 52,6%
agriculture   4,7% => 4,6%
[ => Ardennes en marche, mars 2009 ]
  La moyennne nationale en 2006, pour les emplois industriels, est de l'ordre de 14%. Pour les services marchands, elle atteint 25% : exactement l'inverse des chiffres de 1978. En 1954, l'agriculture concerne encore 30% des emplois, mais seulement 4% de nos jours...


* taux de chômage :
en 20.. 05/T1 07/T2 08/T3 09/T1 09/T2 09/T3 09/T4 10/T1 10/T3
 Département 13,7% 11,0% 10,3% 12,4% 12,9% 12,4% 12,5% 12,0% 11,3%
 Région 10,5% 8,3% 8,6% 9,5% 9,9% 9,7% 10,0% ?,?% 9,4%
 France 10,1% 8,0% 7,4% 8,3% 8,7% 8,5% 9,6% ?,?% 9,3%
[ Le chiffre au 26 mars 2010 ]

* PIB par habitant : 16767 euros (France : 23736 euros) [2000].
* 37 collèges, dont 5 multisites (12.437 élèves), plus
* 5 collèges privés (1.717 élèves).
* 20.220 élèves (5.208 en maternelles et primaires, 6.245 en collèges, 8.757 en lycées) transportés par
* 330 véhicules (dont 246 autocars), parcourant 32.000 km par jour.
[chiffres CG08 rentrée 2008-2009 et année scolaire 2007-2008]
Communes :

463
En 1999 :
* 122 (26,3%) communes avaient moins de 100 habitants (3 en 1876),
* 256 (55,3%) avaient moins de 200 habitants (48 en 1876),
* 412 (89%) de moins de 1000 habitants représentaient 1/3 de la population départementale,
*  51 (11%) de 1000 habitants et plus, les 2/3 restants.
Elles sont réparties 4 arrondissements et 37 cantons (66 cantons en 1790), dont la population s'échelonne :
- de 1232 habitants pour Tourteron (dont 89,04% sont inscrits sur les listes électorales)
- à 19311 habitants pour Mézières-Est (dont 48,89% d'inscrits).

Arrondissement Pop. 1999 -> 2010 Cantons Communes Pop. 1876 [*]
Charleville-Mézières 171.608 -> 165.034 17164  88094+51055
Sedan  62.096 ->  62.024  6  81  72760
Rethel  33.951 ->  35.331  6 101  59785
Vouziers  22.475 ->  22.360  8 123  55122

[*] L'arrondissement de Rocroi a été supprimé le 10 septembre 1926 (celui de Sedan, supprimé à la même date, a été rétabli le 1er juin 1942).
[ Géographie des Ardennes par Adolphe Joanne / recensement de 1876 ]


Préfecture :

Charleville-Mézières, 58000 habitants (estimation 2010 : 51.000 habitants), est née de la fusion, le 1er octobre 1966, des deux villes, et de quelques communes environnantes (Étion, Mohon et Montcy-Saint-Pierre, Le Theux ayant été rattachée à Mézières en 1965).
Le chef-lieu du département est :
* à 225 km de Paris et 2h20 par le train (1h30, par la LGV-est, depuis le 10 juin 2007),
* à 195 km de Lille,
* à 140 km de Bruxelles,
* à 120 km de Luxembourg,
* à 80 km de Reims.
Du temps des diligences, il fallait compter pas moins de 6 jours pour rallier Sedan depuis la capitale, la dernière halte s'effectuait au Relais de Poste de Launois.


Représentants : * 3 députés (2UMP,1PS) [ voir ]
* 2 sénateurs (UMP) [ voir ]
-> Benoît Huré est devenu sénateur (depuis le 19 octobre 2004) suite au décès d'Hilaire Flandre, dont il était le suppléant.
-> Marc Laménie a été élu (le 26 août 2007) suite à la démission de Maurice Blin (élu depuis 1971).
-> de nouvelles élections ont eu lieu le 21 septembre 2008 (tiers renouvelable). Les sortants ont été réélus. 954 électeurs ont participé au second tour (972 inscrits).
* le Conseil Général [ cantonales 21-28 mars 2004 et 9-16 mars 2008 ] :
-> conseillers : UMP(16), DVD(9), UDF(1), DVG(3), PS(8) ->
. Après les élections des 20-27 mars 2011 :
-> conseillers : UMP(14), DVD(6), UDF(1), DVG(3), PS(11), SE(2) ->

La numérotation - de Asfeld (1) à Vouziers (31) - correspond aux cantons tels qu'ils ont été définis lors de la création des arrondissements en 1800, la liste originelle en prévoyait 66 en 1790. Pour des raisons d'accroissement de population, de nouveaux cantons ont été créés en 1973 : Charleville-La Houillère (32), Mézières-Est (33), Nouzonville (34), Revin (35), Sedan-Ouest (36), et en 1982 : Villers-Semeuse (37), essentiellement urbains.

Les conseillers généraux sont élus pour 6 ans [*] au suffrage universel direct. Ils sont renouvelés par moitié tous les trois ans et sont rééligibles. Le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours.
- est élu au premier tour, le candidat ayant recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés et les suffrages de 25% des électeurs inscrits.
- ne peuvent se présenter au second tour que les candidats ayant obtenu au moins 12,5% des électeurs inscrits. Si un seul candidat remplit cette condition, le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages après lui peut se maintenir au second tour. Si aucun candidat ne remplit cette condition, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent se maintenir au second tour. Est élu celui qui a obtenu la majorité relative des suffrages exprimés.
[*] les élus de 2011 ne le seront que jusqu'en 2014, date des prochaines élections régionales.




A travers l'histoire :

* en Gaule belgique sous Jules César, puis
* en Belgique seconde (capitale Reims) sous Constantin, mais Ivois est en Belgique première (capitale Trèves) et Givet en Germanie première (capitale Cologne),
* au traité de Verdun (843), l'empire de Charlemagne, en ce qui nous concerne, est partagé entre Francie occidentale et Lotharingie, la Meuse constitue la frontière entre ces deux territoires,
* en province de Champagne (capitale Troyes - Aube), et Comté de Rethel,
* à l'évêché de Liège (Belgique),
* aux Pays-Bas espagnols, puis autrichiens,
* sous occupation russe et prussienne en 1815,
* sous occupation allemande (1870, 1914-1918, 1940-1944) ...

... à la France :

1285 : le comté de Champagne est rattaché au Royaume de France, par le mariage de Philippe le Bel avec Jeanne de Navarre.
1596 : Grandpré (le comté rentre dans le Royaume de France).
1629 : Château-Regnault, Monthermé, Linchamps (rachetées par Louis XIII à Louise-Marguerite de Lorraine).
1642 : Sedan (cédée par Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne, compromis dans le complot de Cinq-Mars contre Richelieu).
1659 : Carignan (cédée par les Flandres espagnoles).
1678 : Givet (par le traité de Nimègue, confirmé par la paix de Ryswick en 1697, puis par le traité de Lille en 1699).
1678 : Fumay-Haybes (par le traité de Nimègue, après avoir appartenu aux princes-évêques de Liège, au duché de Bourgogne en 1477, à l'Autriche et l'Espagne).
1709 : Charleville (la principauté échoit aux Condé, au décès du dernier fils du fondateur).
1792 : Revin (rattachée à la Révolution).
1795 - 1815 : plusieurs localités des actuelles provinces de Namur (Philippeville, Mariembourg, Couvin, ...) et de Luxembourg (Bouillon, ...) sont rattachées au département des Ardennes, et rendues au Royaume des Pays-Bas, après Waterloo et la chute de Napoléon.

Région administrative : Champagne-Ardenne : Châlons en Champagne (Marne), précédemment chef-lieu de généralité depuis 1542.
(oui, l'Ardenne est "singulière" dans le nom de la Région ... sauf pour 30% des internautes !)
Académie : Reims (Marne), autrefois Lille (Nord)
Cour d'appel : Reims (Marne), autrefois Nancy (Meurthe et Moselle)
Religion : Diocèse de Reims
Région militaire : Metz (Moselle, 6ème région)
Chèques postaux : Châlons en Champagne
Sports : Ligues de Champagne, autrefois Ligue du Nord-Est (football)
Santé :

Le département est rattaché au "Teritoire de santé" Ardennes-Marne, autour du CHU de Reims, alors que le précédent découpage (en 2003) prévoyait une zone "Nord-Ardennes" et une zone "Sud-Ardennes-Marne".
Après la fermeture de la maternité de Rethel (après celles de Revin -> Dinant et de Vouziers), il ne reste plus que celles de Charleville-Mézières (Manchester) et celle de Sedan.
Selon les chiffres de 2009, les Ardennes comptent 421 médecins généralistes (soit 148/100.000 habitants, 160 en moyenne nationale) et 243 spécialaistes (soit 85/ 100.000 habitants, 153 en moyenne nationale).


  • Existe-t-il un rapport entre "ardoise" et "Ardenne" ? Sans doute !
    Le TLF (Trésor de la Langue Française) signale que le mot est attesté à la fin du XIIème siècle chez Chrétien de Troyes. Il pourrait venir d'un lat. vulg. *ardesia appartenant en propre au nord de la France (tandis qu'on utilisait *lausa dans le sud), à moins qu'il ne soit dérivé d'un gaul. *ard(u) (haut, élevé) comme dans Ardu-enna (Ardennes). L'étymol. proposée comme une réduction de "pierre ardenoise" est indiquée comme peu probable, et semblant reposer sur une tradition qui situe l'orig. du mot dans cette région.
  • Toujours est-il que, depuis le Moyen-Age, assurément depuis le 12ème siècle, sous l'impulsion des moines bénédictins et cisterciens, on a extrait l'ardoise dans le triangle Rimogne - Fumay/Haybes - Deville/Monthermé. A quelques lieues plus à l'est, les "scailleteux" ou "scaytåns" belges d'Ardenne et de Gaume se livraient au même travail d'extraction et de fendage : on pourra en trouver des échos, émaillés de patois wallon, dans le livre "Enfants d'Ardenne", de Bernard Jacob. C'est de cet ouvrage qu'est extraite la phrase

    mise en exergue sur la page d'accueil.
  • Les Ardoisières de Rimogne sont, avec les Ardoisières d'Anjou, parmi celles qu'a montrées Diderot, dans les pages de son "Encyclopédie" au chapitre décrivant cette activité ("Ardoiserie de la Meuse"). Il n'en reste plus guère aujourd'hui qu'une Maison de l'Ardoise". Fermée depuis le 1er janvier 2009, elle va rouvrir en cette année 2012, au mois de juin. En attendant la réouverture, on peut visiter le site des Ardoisières de Rimogne.
    "Le bassin d'Harcy-Rimogne (originairement du Châtelet-Rimogne) a été exploité dès les XIIe et XIIIe siècles par les moines cisterciens de Signy-le- Petit, de Bonnefontaine et de Foigny."
    ... nouvel exemple de propagation "stolonifère"

  • A Fumay, vous trouverez le "Musée de l'Ardoise", mais aussi, des toitures bleu violacé et des "verdoux", sortes de terrils où sont entassés les déchets des ardoisières.
    Vous pouvez aller voir ce qu'on dit des "Scailleteux" sur le site des Sapeurs-Pompiers de Fumay-Haybes, ou encore, le beau reportage sur les ardoisières de Fumay du site "Urban exploration" de Tchorski, ou sur celui de Vincent Anciaux.

  • Parmi les activités souvent initiées par les moines, on peut également citer celle de la verrerie, à présent disparue.

  • On peut citer encore la fabrique de terres colorantes (pour les vernis), créée à la fin du 19ème siècle, au Moulin d'Ecordal, dont l'activité - modernisée - se poursuit de nos jours.

  • Contrairement à la Bretagne (autre massif primaire) et aux idées reçues, le sous-sol ardennais ne recèle pas de granit(e) (roche métamorphique, composée de quartz, de mica et de feldspath). Tout juste y trouve-t-on du "petit granit" (roche calcaire) qui suffit au bonheur des marbriers.

    Ci-après, l'avis de Maisse Arsouye, forumiste namurois, et accessoirement géologue :
    " Le granite est une roche intrusive, elle résulte du refroidissement et de la solidification d'un magma dans la croûte terrestre. Il faut aussi que ce magma ait une certaine composition chimique, riche en silice, sinon, ce serait une diorite, un gabbro ou toute autre roche de même nature physique mais ayant une autre composition chimique.

    Le granit est une roche présentant un grain et qui peut être polie, quelle que soit sa nature. Et on trouve en Ardenne du "petit granit", une roche formée de sédiments carbonatés au sein de laquelle certains fossiles (les crinoïdes) donnent un aspect constellé... comme du granite ! C'est très joli, le "petit granit", mais ce n'est pas du granite. "

  • Depuis plus de mille ans, les Ardennais, surtout ceux du nord, ont été des "ouvriers-paysans-forestiers" dans une France essentiellement agricole. La présence de fer (dans le centre du département) et celle du charbon de bois ont permis une activité métallurgique importante. Il existait dans le département plusieurs bas-fourneaux (dont ceux du Mont Vireux, datant de l'époque gallo-romaine) ainsi que des hauts-fourneaux (il en est fait mention dans des écrits du milieu du XVème siècle) dont l'activité a duré jusqu'à la fin du XIXème siècle. Cette activité a survécu, entre le fer de Lorraine (où la "minette" a pu être débarassée de son phosphore, grâce au procédé Thomas-Gilchrist, découvert en 1878) et le charbon du Nord et du Pas-de-Calais (dont on a tiré le coke). Si les premiers hauts-fourneaux à coke ont été développés en Angleterre dès 1709, c'est seulement en 1769 qu'ils sont apparus en France (à Hayange). Un siècle plus tard, un tiers de nos hauts-fourneaux fonctionnaient encore au charbon de bois. Le premier laminoir à tôle fut construit à Givonne vers 1790 : le premier de France ?

  • "D'un coup, tel un chêne frappé par la foudre, le malheur s'écrase sur le pays où il fait si bon vivre.L'horreur d'une invasion sans uhlans ni panzers. Une histoire de chocs pétroliers déclenche un séisme dans l'Ardenne de France..."
    (Ardennes vagabondes - page 73)
    L'auteur de ces lignes, et d'autres avec lui, voudraient-ils ignorer que plusieurs entreprises, et non des moindres, autrefois florissantes, avaient "fermé boutique", ou considérablement réduit leur activité, avant la première crise pétrolière des années 1973-74 ?
    [ La sidérurgie française, 1945-1979. L'histoire d'une faillite. Les solutions qui s'affrontent (Michel Freyssinet) ]
  • L'ancien haut-fourneau de Vendresse a été récemment restauré, d'aucuns disent "ressuscité", et peut être visité.

  • Nombreuses sont les fonderies (fonte de fer) qui, pendant des décennies, ont fabriqué des appareils de chauffage, de Charleville à Givet. Parmi les grandes marques, citons Arthur-Martin, dont l'usine, installée à Revin depuis 1882, a été rachetée en 1976 par un grand groupe suédois qui a choisi de la reconvertir dans la fabrication de machines à laver ... et, prochainement, d'en gommer le nom !
    Aujourd'hui, l'activité est essentiellement tournée vers les produits de forge et d'estampage pour l'automobile, l'aviation ou le chemin de fer, remplaçant aussi la production de clous et de boulons des "boutiques", petites entreprises familiales établies dans les vallées de la Semoy ou de la Goutelle. Celle du cloutier (avec sa célèbre roue à chien) est évoquée dans l'ouvrage "Le Fer et la Forêt" de (prix du Roman populiste en 1942).
    [ Le dur temps des cloutiers (3 textes) | Debout, frères de misère ! ]

  • La cité de Charleville a été le siège d'une Manufacture Royale d'Armes, créée sous Louis XIV, en 1688. Son activité s'est poursuivie jusqu'en 1822, mais a été transférée progressivement vers d'autres manufactures, moins proches de la frontière ! Quelques exemplaires de sa production sont présentés au Musée de l'Ardenne (120 armes, dont 37 viennent de la donation André Forget).
    [ Usines d'armes ] | La Manufacture Royale d'Armes de Nouzon(ville) ]

  • Saint-Eloi, patron des orfèvres et des forgerons, est toujours fêté chaque année, ne serait-ce qu'à l'occasion d'un repas amical ou d'une remise des médailles du travail.

  • Le Musée de la Métallurgie (ou Centre Culturel de la Métallurgie) de Bogny-sur-Meuse, témoin du passé métallurgique de la Vallée de la Meuse, est aussi une vitrine du savoir-faire actuel. Réouvert en mai 2009, après deux ans de travaux, il offre une surface d'exposition double, permettant une présentation plus pédagogique.

  • A lire : "Métallurgie ardennaises, un territoire, des usines et des hommes" par René Colinet.

  • C'est à Hautes-Rivières, sur une fraiseuse UGV (usinage à grande vitesse) à commande numérique, qu'a été tentée, en juin 2004, une expérience d'usinage à distance, depuis le CETIM de Saint-Etienne. Cette expérience - réussie - s'est déroulée sous l'oeil d'une WebCam, grâce aux technologies développées sur Internet. Les "clouteux" des "boutiques" n'en r'vinraient pas (seraient bien surpris) !

  • [ Patrimoine industriel ardennais (CR Ch-A) | le site du CRITT ]
  • D'autres Ardennais ont été forestiers, à pourvoir en "bois de mine" et en "traverses de chemin de fer", les départements voisins, ou à écorcer les chênes pour alimenter les moulins à tan, indispensable au traitement des peaux. Ces écorceurs ou peleurs d'écorce étaient désignés sous le nom de "pelous".

    "Prends ta manique et ton péloi..."
    "Eh ! Renaut ! Réveille, réveille..."
    "Eh ! Renaut ! Réveille-toi !"

    (Chanson des Bûcherons d'Ardenne)

  • Le Musée de la Forêt, à Renwez, sur 14 hectares en pleine nature, évoque les différents métiers des hommes des bois.


  • Un Parc Naturel Régional (118.000 ha [1]/ 91 communes [2] / 77.000 habitants) devrait bientôt voir le jour ("... pourrait être opérationnel en ...") dans le nord du département (Rièzes et Sarts, Thiérache et Pointe de Givet), parc que le paléonthologue et signacien d'adoption Yves Coppens a accepté de parrainer. La Charte, en cours de rédaction, doit s'efforcer de concilier des impératifs écologiques avec les impératifs de développement économique. "Depuis la loi paysage de 1993, la charte des Parcs naturels régionaux est opposable au schéma de cohérence territoriale (SCOT), au plan local d’urbanisme (PLU) ou à la carte communale, pour l’ensemble des communes adhérant au PNR. Les documents d’urbanisme devront être compatibles avec les grandes orientations de la charte."

    Le nouveau président de l'Association de Préfiguration du PNR des Ardennes se donne « 18 mois pour réussir ».
    [ l'union/L'Ardennais du 20 septembre 2008 | le livret pédagogique ]
      Déjà, en 1973, le Conseil général s'était penché sur cette question :
    19950529/14 Dossiers des parcs : ARDENNES :
    - Rapports et études sur l'aménagement et l'urbanisme du parc naturel régional des Ardennes ; Création d'un parc naturel régional de l'Ardenne, rapport au conseil général, 1973 ; projet franco-belge.1968-1970 ; cartes, plans, presse, correspondance, 1968-1977.
    [archives du Ministère de l'Environnement].
      A l'issue de l'enquête d'utilité publique (du 5 janvier au 9 février 2011), les collectivités locales auront 4 mois pour délibérer avant le dépôt du dossier au Ministère en charge de l'environnement, seul habilité à accorder le label tant attendu. [ voir la charte ]
    Passage du futur au pésent :

    Le Journal officiel du vendredi 23 décembre publie le décret [n° 2011-1917 du 21 décembre 2011 portant classement du parc naturel régional des Ardennes (région Champagne-Ardenne) publié au JORF n°0297 du 23 décembre 2011 page 21820] qui classe en parc naturel régional, pour une durée de douze ans à compter de la date de publication du présent décret, sous la dénomination de « parc naturel régional des Ardennes », dans le département des Ardennes, en totalité les territoires des communes de : { liste des communes } [2].
    La charte du parc naturel régional des Ardennes, approuvée par le conseil régional de Champagne-Ardenne le 19 septembre 2011, est adoptée par le présent décret.
    [ l'union/L'Ardennais du 23 décembre 2011 ]


    [1] cette superficie représente 22,4% du département, et non "... près du tiers ..." comme propagé dans les médias, dont certains vont jusqu'à dire qu'"il couvre même les deux tiers du département..." !
    [2] les 9 cantons concernés regroupent 92 communes, mais celle d'Aouste (canton de Rumugny) s'est opposée au projet.

  • Parmi ces impératifs figure la réalisation de la future "branche ouest" de l'Y autoroutier ardennais ("inscrit au réseau routier transeuropéen avec la dénomination E 420 le 23 juillet 1996 par décision du Parlement Européen et du Conseil des Communautés Européennes").

    Les travaux - de la branche ouest - devraient commencer rapidement, à l'issue de l'enquête d'utilité publique (11 juillet - 9 septembre 2005). Le décret d'utilité publique est paru le 2 mars 2007 au Journal Officiel. Dans son article 2, il est précisé que : "Les expropriations nécessaires à l'exécution des travaux devront être réalisées dans un délai de dix ans à compter de la date de publication du présent décret.", alors que la mise en service de ce tronçon est prévue (souhaitéee) pour 2011.
    "celle-ci ne serait pas achevée avant mais ... certains tronçons seraient livrés à la circulation en 2011.
    « On commencera par le plateau de Rocroi jusqu'au Piquet et on terminera par le raccordement à Charleville ».
    "
    [l'union/L'Ardennais du 15 décembre 2007]

    "Eh ! Renaut ! Réveille, réveille...
    "Eh ! Renaut ! Réveille-toi !"
    *  "Au terme des Contrats de plan, fin 2006, le Conseil général a déjà participé au financement de l’A 34 pour un montant total de 104 millions d’euros. La branche Ouest du Y ardennais, chaînon manquant de l’axe Rotterdam-Marseille, devrait ouvrir à la circulation au plus tard en 2013. Sa réalisation représentera un coût total de 330 millions d’euros, la participation du Département sera de 55 millions. Une somme à laquelle s’ajoutera le montant des travaux du barreau de raccordement de Belval-Warcq, entre l’A 34 et la RN 43." [ CG08 - Budget 2009 ]
    *  Le nouveau préfet des Ardennes a annoncé le lancement du marché de maîtrise d'œuvre pour la réalisation de l'Y.
    [ l'union/L'Ardennais du 30 septembre 2008 ]
    *  La dernière date annoncée, toujours au conditionnel, pour l'achèvement des travaux, serait .
    *  L'ouverture de cette route ne se fera qu'en… , selon le président de la CCI.
    [ l'union/L'Ardennais du 14 novembre 2008 ]
    *  Le bouclage financier (330 millions d'euros) de l'Y Ardennais (l'A304) est terminé : l'État a, en effet, inscrit les crédits qui manquaient pour que sa réalisation connaisse une accélération concrète sur le terrain.
    *  Rendez-vous en septembre pour le phasage des travaux.
    [ l'union/L'Ardennais du 11 juin 2009 ]
    ...l'Etat n'est pas en cause... l'Etat [ne joue pas] au yo-yo avec cette autoroute... l'Etat veut que les travaux se fassent en une fois... la réalisation du barreau de raccordement [en] 2015...
    [ l'union/L'Ardennais du 4 février 2010 ]
    ... L'Etat a gâché la chance de rattrapage qu'il nous avait fait miroiter...
    [Assemblée nationale / séance du 20 mai 2003]
    ...sa concrétisation sur le terrain est renvoyée au mieux à ,
    tandis que le contournement nord-ouest de Charleville (et le désenclavement des vallées de la Meuse, de la Semoy et de la Goutelle) est envisagé à l'horizon [*] de .
    [ l'union/L'Ardennais du 6 mai 2010 ]
    ... la déviation de Rocroi qui s'est longtemps apparentée à un vieux serpent de mer va enfin entrer en chantier dans le courant du mois de mai [2011]...
    ... Le coût estimatif du projet s'élève à 349,607 millions d'investissements subventionnés par l'Etat (187,653 millions), la Région (99, 315 millions), le Département (60,185 millions) et le Feder (1,824 million).

    [ l'union/L'Ardennais du 12 avril 2011 ]
    ... premiers coups de pioche ... ouverture en 2016...
    [ l'union/L'Ardennais du 21 novembre 2011 ]
    La facture s'alourdit... (278 M€ ... 330 M€ ... 433 M€ ...)
    [ l'union/L'Ardennais du 10 février 2012 ]
    ... Eu égard à la situation financière actuelle du département, et en l'absence d'évolution significative de ses compétences notamment dans le domaine social, la chambre estime qu'à ce jour le financement de la totalité de ces travaux, notamment l'achèvement de l'Y ardennais de l'A 304, paraît à tout le moins incertain...
    [ l'union/L'Ardennais du 28 mars 2012 ]
    [*] Horizon : "ligne qui recule au fur et à mesure qu'on avance..."
  • Sedan, dans l'esprit des gens, c'est d'abord une histoire de défaites, et pour commencer, la capitulation de Napoléon III en 1870 (lire ou relire "La Débâcle" d'Emile Zola), malgré le combat des "Dernières Cartouches" à Bazeilles. C'est aussi le souvenir de l'invasion allemande et des blindés de Guderian franchissant la Meuse (comme à Dinant, en Belgique, ou à mi-chemin, à Monthermé), au débouché de la forêt des Ardennes. Cette forêt décrétée infranchissable par nos stratèges, il n'y avait pas lieu de défendre la frontière par des ouvrages de la ligne Maginot. Le plus septentrionnal de ceux-ci (à Villy), situé à quelques kilomètres au sud-est de Sedan, a été neutralisé sans véritable combat.

  • Sedan, c'est d'abord le domaine, au 15ème siècle, des Princes allemands de la Marck, au rang desquels Jean, fils d'Everard II, reçut, le premier, le surnom de "Sanglier des Ardennes", à cause de sa brutalité. Il faut dire qu'à l'époque, il n'était guère question de guerres courtoises, quand il s'agissait d'accaparer un territoire. L'évêque de Liège, précédent propriétaire, ne lésinait pas d'avantage sur les moyens d'asseoir sa puissance. D'autres princes de la Marck ont reçu le même surnom : Jean, Everard III, Guillaume et Robert II.

    Monnaies frappées sous Everard III
    ("deniers à la truye" ~1488-89)

    Outre les princes de la Marck, sont connus comme "Sanglier des Ardennes" :
    - le Mouzonnais Raymond Sommer (1906-1950), célèbre coureur automobile,
    - le Mohonnais Roger Marche (1924-1997), footballeur du Stade de Reims, du Racing Club de Paris, et de l'équipe de France (63 sélections).


    Une belle famille ... ardennaise

      Le sanglier, vieil occupant du territoire, est resté l' de l'Ardenne, et donc des Ardennes, et repris par diverses associations, tant dans le département qu'au dehors de celui-ci. Comme un signe de ralliement. Parmi les représentaions qui en sont données, il en existe plusieurs dont on peut regretter qu'elles soient "anatomiquement" incorrectes, à savoir que les canines les plus développées (les défenses) y apparaissent attachées à la machoire supérieure !
      La devise qui lui est associée : "Je ne recule ni ne dévie" [*], est parfois complétée par : "là où je ne trouverai de chemin, je m'en tracerai un".
    [*] Cette devise est celle de l'Escadron de Chasse 3-3 Ardennes, basé à Nancy-Ochey, dont l'écusson est illustré d'une hure ... de sanglier, représentation considérée plus "agressive" que celle d'un sanglier "au ferme" (retenu par les chiens), ou en position assise et prêt à attaquer.


      Notons à ce sujet que, dans les Ardennes, on continue à faire la distinction entre les voyelles nasales "in" et "un", même si la tendance générale, sous influence francienne, est de faire disparaître la seconde au profit de la première. [ Ecoutez ! ]

    [ La laie "Woinic" à Bogny-sur-Meuse | Son nouvel emplacement | Le nouveau logo du département ]
    [ Woinic, le voyage (en 6 épisodes, vidéo de Revin-WebTV) ]


  •   Le vocabulaire du sanglier :

    • son nom latin est "porcus singularis" (porc solitaire), sanglier et singulier sont des doublets.
      son nom scientifique est "Sus scrofa".
    • la laie est la femelle du sanglier, elle est suitée quand elle a donné naissance à des petits.
    • les marcassins sont les petits du sanglier, en livrée striée, et portent ce nom jusqu'à 6 mois, puis celui de bête rousse (jusqu'à un an), bête de compagnie (jusqu'à deux ans), avant d'être une bête noire : ragot, puis , quartanier, porc entier, et finalement solitaire, voire ermite.
    • ses poils sont des soies, sous lesquelles se trouve la bourre (duvet).
    • les soies formant crinière jusqu'au milieu du dos forment la jarre.
    • ses canines supérieures sont les grès (ou grais),
      ses canines inférieures sont les défenses (particulièrement développées chez les mâles, le sanglier est miré si elles sont recourbées vers les yeux), .
    • l'extrémité de sa tête (groin et canines) est le boutoir.
    • sa tête trapue est la hure.
    • ses oreilles sont les écoutes.
    • son abri est la bauge, ou la souille, où il aime à se rouler dans la boue, pour se débarrasser de ses parasites.
    • on reconnaît son passage aux laisses ou laissées qu'il a "laissées" derrière lui, ou aux vermillures, faites avec son groin, pour trouver des vers, larves et autres racines : c'est un omnivore.

    Les patronymes Huré (Huret, Hurel, ...) et Hureaux sont dérivés de la "hure", désignant, en ancien français, une tête hérissée ! [ Dictionnaire des noms, de Jean Tosti ]
    Il en est de même des Indiens Hurons, ainsi nommés à cause de leur coiffure.

  • Population : 6.936 sangliers ont été prélevés (abattus) en 2008 dans les Ardennes (6.114 en 2007).
    A titre de comparaison, pour la saison 2008-2009, l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) a recensé 8 départements pour lesquels les prélèvements ont dépassé 15.000 sangliers : 22.523 (Bas-Rhin), 20774 (Moselle), 20523 (Gard), 19.395 (Meuse), 18.653 (Ardèche), 16.600 (Hérault), 16.000 (Haut-Rhin), 15.215 (Loir-et-Cher), le total pour l'ensemble des départements atteignant 569.437 unités (306.829 en 1999-2000).
    [ Chiffres ONCFS 2008-2009 ]
  • [ Mogues : territoire du sanglier | Notre devise et Notre bulletin | Le sanglier de A à Z | Le blog ]



  • Sedan, rivale ou alliée de Bouillon, possède le plus vaste château-fort d'Europe (35000 m2).

  • Le Château possédait, paraît-il, de fantastiques collections d'armes et d'armures que Bonaparte aurait admirées, lors de sa visite en août 1803 ( 20 thermidor an XI) ... et fait transférer au Musée de l'Artillerie (devenu le Musée de l'Armée des Invalides) à Paris, pour son bon plaisir ! Selon le site du SHAS, en feraient partie : une armure attribuée à Frédéric V le conquérant, une à Robert II comte de La Marck, une "Armure aux Lions" attribuée à François Ier, une datant du règne de Charles IX, une de Grimaldi, une de Bayard... Rien que ça !
      Suite aux cérémonies célébrant le 4ème centenaire de la naissance du Maréchal Turenne, le maire de Sedan a demandé aux ministères concernés d'envisager le retour d'au moins 5 des armures, parmi les 23 présentes aux Invalides, et quelques autres qui se seraient perdues au cours du transport vers Paris...
      Trois mois pls tard ... quelques pièces d'armures pourraient être rendues au Musée du Château, mais aucune de celles réclamées. [ l'union/L'Ardennais du 14 décembre 2011 ]

  • Sedan, cité protestante et tolérante ... a vu affluer, de la fin du XVIème siècle au XVIIIème siècle, nobles, marchands, artisans et intellectuels vers la "Petite Genève" du Nord. Bernard Palissy y a trouvé refuge avec sa famille, après le massacre de la Saint-Barthélémy (août 1572), puis est retourné à Paris en 1575.

  • Sedan, c'était encore des Manufactures Drapières, dont la spécialité, le "Sedan", était un drap de laine noir, façon Hollande. Le mot "Sedan" désigne aujourd'hui, particulièrement aux Etats-Unis, une voiture automobile (conduite intérieure) après avoir désigné la chaise à porteurs, dont le siège était couvert du fameux drap : "Sedan ou Sedan-chair, prononcé "Sidann", est le nom anglais de la Chaise-à-porteur, parce qu'elle était tapissée en drap de Sedan, comme un bureau était d'abord un meuble recouvert de bure. Par extension, les carrossiers américains appellent maintenant "Sedan" les automobiles à conduite intérieure. L'origine est oubliée, en sorte que récemment, un journal a cru devoir écrire : « Ce terme, qui sonne mal aux oreilles françaises, n'a aucun rapport proche ou lointain avec la ville des Ardennes à laquelle se rattachent nos douloureux souvenirs de 1870.» Impossible de se tromper plus complètement."
    [in Octave Guelliot - 1931]
    Cette hypothèse est contestée dans les dictionnaires anglo-saxons pour lesquels le mot "sedan" viendrait "probablement" de "sede", terme de dialecte de l'Italie méridionale signifiant "chaise".
    Quelques-uns des bâtiments de ces manufactures, ainsi que la plupart des "châteaux" où résidaient leurs florissants propriétaires, sont classés au Répertoire des Monuments historiques. L'ancienne Manufacture Royale de Draps, le
    Dijonval, est sans doute le plus beau fleuron de cette glorieuse époque...

  • L'activité lainière (et la tradition du tissage) ne subsiste plus guère aujourd'hui qu'au travers du "Point de Sedan". Ce "point" était, à l'origine, utilisé pour la dentelle "à l'aiguille" (aux 16e et 17e siècles), permettant d'obtenir une grande variété d'effets. Plusieurs centaines de dentelières ont exercé leur dur labeur dans le Sedanais, et pour un nombre important d'entre elles, jusqu'à la cécité. Il n'existe par le monde que de très rares traces de ces riches heures sedanaises (un exemplaire au Musée de Sedan ?).
    La Manufacture, qui n'emploie plus que quatre personnes, détentrices d'un savoir-faire unique, a eu les honneurs de l'émission "Faut pas rêver", diffusée sur FR3 le samedi 3 mars 2003. Evelyne, la "raccommodeuse", dans l'entreprise depuis août 1961, est partie en retraite. Dominique, Robert et Guy ont fait de même. Mais le passage de relais a été assuré !
    Les vieux métiers Jacquard, plus que centenaires, donnent de sérieux signes de fatigue et ont besoin d'être restaurés ! L'Association pour la Sauvegarde du Point de Sedan, créée fin 2004, devrait réussir, avec le secours de Saint-Blaise (patron des tisserands, fêté le 3 février) dans sa volonté de pérenniser l'entreprise. Tombée à moins de 8 m2 par mois, la production est remontée à plus de 30 m2 après l'intervention des "restaurateurs" (loin des 32000 m2 produits en 1899 avec 24 métiers). Il faut cependant suivre l'actualité au jour le jour, pour savoir si l'entreprise fonctionne et peut être visitée ! Son endettement risque d'entraîner sa disparition...
    On parle toujours de transformation en un Espace Jacquard, nom existant déjà dans l'Eure, en Haute-Marne, à Lyon bien-sûr, et sans doute ailleurs !

    En redressement judiciaire depuis le 8 octobre 2007, le Point de Sedan est aujourd'hui à l'agonie et vient de faire l'objet d'une procédure de liquidation judiciaire.
    [ l'union / L'Ardennais du 06/11/08 ]

    La ville de Sedan s'est portée acquéreur du matériel mis en vente en février 2009, et a acheté l'ensemble pour 25.000 €, malgré la présence de représentants de musées de Lyon et Bruxelles, seulement "intéressés par certaines pièces...".
    [ l'union/L'Ardennais du 20 février 2009 ]

  • L'activité du feutre de laine conserve ses traces au Musée atelier du Feutre de Mouzon.
... mais on ne vous a pas tout dit !