Ce que vous savez ou ne savez pas sur les Ardennes [1] ...
[ Ardenne/Ardennes | Des chiffres | Rattachement | Ardoise/Ardoisières | Fer et Bois | Sedan / Sanglier
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  • L'Ardenne est le Massif primaire situé pour l'essentiel en Belgique, en partie au Luxembourg et se poursuivant jusqu'en Allemagne (Massif de l'Eifel, Massif schisteux rhénan). La zone française n'en représente qu'une faible part, au nord du département.
    Ce qui n'est plus aujourd'hui qu'un plateau fut, à l'époque hercynienne (~350 millions d'années, la mention av. JC n'en change pas fondamentalement la durée !), une zone de hautes montagnes dont l'altitude a pu être comprise entre 5.000 et 10.000 mètres. La flore témoigne de son passé géologique.
    [ Une introduction à la Géologie de la Wallonie ]
    Au fil du temps, le relief a été raboté par l'érosion, l'Ardenne est devenue plaine, jusqu'à ce que le fameux contrecoup du plissement alpin finisse par la relever, obligeant les rivières et même les ruisseaux à y creuser les profondes vallées qui en font la principale originalité.
    [ la formation des méandres (lithotèque de l'académie de Reims) ]

  • Le point culminant de l'Ardenne est situé en Belgique (694 mètres au Signal de Botrange, dans les Hautes Fagnes). La partie française culmine à 504 mètres (503 ?) [*], à la Croix-Scaille (scaille = écaille = ardoise) sur la frontière. On peut s'y rendre par la route à partir des villages belges de Willerzie ou de Louette Saint-Pierre, ou à pied, depuis le hameau des Vieux Moulins de Thilay, où vécut Marguerite Fontaine, éminente figure de la Résistance ardennaise.
    Ces deux points culminants étant distants d'environ 100 km, la pente moyenne pour aller de l'un à l'autre est de l'ordre de 0,2 % !
    La point culminant de la région Champagne-Ardenne est situé en Haute-Marne, au "Haut de Baissey" (523 mètres), sur le plateau de Langres, bien que le " Haut-du-Sec" (516 mètres) soit souvent cité comme tel.
    [*] 502,819 mètres, selon une carte de l'IGN de Belgique (au millimètre près).

    Depuis 2001, le visiteur pourravait découvrir le Plateau en gravissant les 234 marches de l'escalier de la "Tour du Millénaire" qui domine les lieux du haut de ses 60 mètres.

    Le 7 juillet 2008, la tour du Millénaire a été détruite. Le bois étant pourri, son accès a tout d'abord été interdit avant qu'on ne se rende compte de l'ampleur du désastre.
    [ Le Soir 15/05/08 | actu24.be 07/06/08 | MAtélé.be 11/09/08 | MAtélé.be 27/02/09 ]

    Plus on avance, plus le montant pour la reconstruction de la tour prend de la hauteur.
    « Au départ, il était question de 200.000 €. Aujourd'hui, on en est loin. On parle de 591.000 €. À cela, il faut ajouter des honoraires. On arrive à une somme avoisinant les 650.000 € »
    .
    Une seconde offre atteint le montant de 714.000 €. La construction initiale avait coûté quelque 750.000 € d’argent public (subsides européens, région wallonne et commune) !
    [ L'Avenir (Namur) 04/01/2011 - Gedinne ]
    Aux dernières nouvelles (mars 2012), le "remontage" de la Tour du Millénaire devrait débuter en avril 2012. Le nouveau projet prévoit le remplacement des pins Douglas par des poutrelles métalliques galvanisées, en partie recouvertes par des poutrelles de bois.
    ...le transport des 6 mâts métalliques de 30 m de long est programmé pour la nuit du lundi 21 au mardi 22 mai...
    [ Actu Gedinne (12 mai 2012) | La Tour à nouveau accessible (5 juillet 2012) | actu24.be du 4 mars 2009 ]


      Depuis Jules César (la Guerre des Gaules), on sait qu'ar duina ("silva arduina" ou "arduenna silva") est la "forêt profonde" et que ses occupants celtes (Eburons, Trévires, Rèmes?) y vénèrèrent la déesse Arduinna, représentée chevauchant un sanglier.
    [ Le sanglier, tradition et symbole ]

  • Les Ardennes sont un département né du découpage de la France à la Révolution française, approuvé par l'Assemblée Nationale le 15 janvier 1790. Le nom choisi initialement pour le nôtre était "département septentrional de la Champagne", appellation corrigée en "Ardennes", le 12 mai 1790. Le choix de Mézières comme chef-lieu n'a été fait qu'au terme d'âpres discussions, les autres candidats étant Charleville, Rethel et Sedan.
    (voir l'ouvrage "Provinces, départements, régions, l'organisation administrative de la France d'hier à demain" par Jean-Louis Masson - 1984)
    [ Pourquoi le pluriel ? | Comment a été formé le département ]

  • De 1795 à 1814, sous la Convention, puis l'Empire, la "pointe" des Ardennes était plus beaucoup plus large, incluant des communes belges : Bouillon, Philippeville, Mariembourg, ... Le département des Ardennes était alors frontalier des départements de Jemmapes (Mons), de Sambre et Meuse (Namur) et des Forêts (Luxembourg).

  • Quelques années plus tard (an IX : 1800-1801), la Société d'Agriculture du département (concernée principalement par la partie champenoise) se plaignait :
    "... que par une fatalité qui tient à une erreur de géographie, on a donné à la partie de la Champagne que nous occupons le nom de Département des Ardennes ; que, par une fatalité plus grande encore, on s'est persuadé, dans le monde savant, que les Ardennes, habitées par des sortes de sauvages, sans goût et sans aptitude pour les beaux-arts, étaient condamnées à rester éternellement dans les ténèbres de l'ignorance."
    [cité par Octave Guelliot : Géographie Traditionnelle et Populaire du Département des Ardennes / 1931]


  • La partie ardennaise du département, avec ses schistes (phyllades) et ses quartzites, n'en représente qu'environ 10%. Par son étendue, la forêt inspire la crainte, comme l'évoque Walter Scott, dans "Quentin Durward". Il y est fait référence à l'assassinat du Prince-évêque de Liège par Guillaume de La Marck, surnommé "le Sanglier des Ardennes" (1482).
    "... Elle est si grande que les gens qui viennent par la mer n'osent y aborder à cause des éléphants, des lions, des serpents et des dragons... ["A travers l'Ardenne française" - 1890, par I.A.Bayeur, citant Parténope de Blois]


    Si, à propos du PNR des Ardennes, on vous parle du plateau de Rocroi et de "ses nombreux « riezes » (petits cours d’eau)", méfiez-vous : une « rièze » (n.f.) est un marais tourbeux...
  • La partie sud du département est champenoise, sur des terrains essentiellement calcaires (Crétacé). Les plaines de la Champagne sont prolongées à l'est par celles, plus boisées, de l'Argonne.


  • Entre ces deux zones se trouvent les Crêtes pré-ardennaises (Jurassique), dont les paysages ne manquent pas de rappeler ceux du bocage normand : c'est une zone d'élevage et de culture d'arbres fruitiers, sur des terrains le plus souvent argileux et calcaires.


  • Les géographes ont parfois découpé ces trois grands secteurs, jusqu'à y trouver huit "pays" différents. La variété géologique et celle des paysages font bien des Ardennes un pays "pluriel", appellation attestée dès le XVIIème siècle.

  • "Il y a dans le même pays plusieurs mondes véritablement. Si l'on explore les Ardennes, ce n'est pas une forêt que l'on découvre, mais mille forêts...
    André Dhôtel (Le Pays où l'on N'arrive jamais, prix Fémina 1955).
      Retrouvez le "Promeneur du Mont-de-Jeux" au travers des articles parus dans le "Curieux Vouzinois", ou allez à l'aventure sur "la Route inconnue", chez les Amis d'André Dhôtel.
      Voyez et écoutez André Dhôtel chez Bernard Pivot dans l'émission Apostrophes, du 19 mars 1982 (moyennant 2,99€ !).

  • Ce pluriel, parfois qualifié de "déformation typiquement française" [?], s'applique pourtant au massif, vu à travers ses différents pays, mais également dans chacun d'eux (les Ardennes belges, les Ardennes luxembourgeoises, ...), preuve, s'il en était besoin, de "leur" diversité !
    "On ne dit pas les Ardennes belges, mais l'Ardenne belge. L'Ardenne est en Belgique. "Les Ardennes" désigne soit les Ardennes françaises, soit l'ensemble du massif franco-belge" (commentaire sur Wikipedia, d'un rédacteur belge de la province de Luxembourg). C'est en Belgique (Bastogne, Houffalize, Saint-Vith, Malmédy) qu'a eu lieu la Bataille des Ardennes de l'hiver 1944-45. A l'inverse, le "Musée de l'Ardenne" est tourné essentiellement vers les Ardennes (le département). Quid de l'association "L'Ardenne à Paris" ?!

  • Comment sont vues les Ardennes (belges, françaises et luxembourgeoises) : enquêtes et réflexion [ Profil Ardenne ],
    à la suite desquelles
    "les Ardennes ... se sont donné une marque commune avec tout ce que cela comporte (logo, charte graphique, signalétique, icônes, et bien sûr un code qui décline ce qu'elle doit véhiculer en terme de valeurs, d'images, etc)...pour dynamiser leur offre touristique. " [ l'union/L'Ardennais du 11 octobre 2012 ]
    Sous le sigle "Ardenne all access", le groupement propose une Route des Légendes franco-belge [ voir ici ] incluant un des 6 itinéraires balisés par le CDT08.


  •   "Ardennais" et "Ardennaise", quand ils désignent les habitants de l'Ardenne ou des Ardennes, sont des noms propres et à ce titre, ont droit à une majuscule. Non par faveur particulière, mais parce que c'est la règle, ou pour le moins, une recommandation du "bon usage" !
      "ardennais" et "ardennaise" s'écrivent avec une minuscule quand ils sont utilisés comme adjectifs.
  • Masculin singulier / masculin ou féminin pluriel :
    Les noms propres, dans le département des Ardennes comme ailleurs dans le monde, notamment les noms de lieux au masculin singulier (avec article le) ou au pluriel (avec les), précédés des prépositions à ou de s'écrivent à la forme contractée au/aux ou du/des.
    De la même manière, la préposition de devient d' devant les noms commençant par une voyelle (ou un "H" non aspiré ??).
    Exemples :
    > le romancier André Dhôtel a vévu au Mont-Dieu, le sculpteur Elie Badré aux Hautes-Rivières,
    > le maire du Chesne [*], celui du Fréty, les footballeurs du Theux,
    > l'association Artémisa des Grandes Armoises, commune voisine des Petites Armoises,
    > l'église des Alleux, la côte des Mazures,
    > la gare d'Amagne-Lucquy, la mairie d'Arreux, l'église baroque d'Asfeld,
    > les Vieux Moulins, les Heez d'Hargnies,
    > le camping d'Haulmé,
    > la forge d'Herpy[-l'Arlésienne],
    > le comté d'Yvois.

    [*] le maire de Bairon et [de] ses environs (depuis le 1er janvier 2016) !
    [ vu sur Internet | à l'Académie française | dans le Grévisse ]
    Dans le même esprit, on entend, chez certains de nos patoisants, "pau" (parfois prononcé "pa-au"), contraction de "par le". [ Salut Nénesse ! ]


  • Champagne-Ardenne ou Champagne-Ardennes ?
    Le département des Ardennes fait partie de la région administrative appelée Champagne-Ardenne :
    . la Champagne (région géographique ou ancienne province) occupe la plus grande partie de notre département,
    . l'Ardenne n'est présente que dans sa partie la plus septentrionale.
    Un tiers [*] des références rencontrées sur Internet emploient le pluriel, le plus souvent par ignorance, parfois par chauvinisme, quelquefois pour les deux raisons.
    [*] Votre moteur de recherche, aujourd'hui, ne fait plus la distinction entre singulier et pluriel. Au-delà de 2 mots-clés, il n'est pas certain que vous soyez correctement renseignés (30 000 milliards répertoriés en 2012).
    Vous avez sans doute tenté un jour de retrouver d'anciennes connaissances (ignorées pendant plusieurs décennies), en tapant leur nom et prénom, entre guillemets, y ajoutant un nom de lieu, d'établissment scolaire, de régiment, ... Vous serez surpris de voir signalées quelques pages, avec le nom et le prénom, mais sans rapport avec le mot-cle supplémentaire, les pages suivantes se contentant de faire référence au seul nom. Qu'en sera-t'il dans quelques années ?

  • Champagne-Ardenne à Paris ?
    Il existe, depuis 2010, une association "CHAMPAGNE ARDENNE A PARIS - CAAP 203", déclarée au J.O. dont l'activité principale est, bien que discrète, assez similaire à la nôtre...
     Il existe, depuis le 13 décembre 2014, une association "Les Rémois de Paris" dont le site Internet est en cours de réalisation, mais bien présente sur Facebook.

  • La Champagne et les Ardennes ?
    Cette association est parfois employée, notamment lors de la présentation sur une radio périphérique des bulletins météorologiques couvrant le territoire métropolitain. La zone champenoise du département y est donc deux fois concernée. Si par "Ardennes", il faut comprendre "Ardennes française et belge", les prévisions annoncées sortent alors du cadre national...
    De la Champagne aux Ardennes (émission "Des Racines et des Ailes") supposerait que le département des Ardennes n'existe qu'aux confins de la Champagne...

  • La Champagne sans l'Ardenne ?
      D'éminents responsables économiques et néanmoins penseurs estiment que le nom de l'Ardenne associé à celui de la Champagne est un "boulet" pour l'image de marque de la région. Ils voudraient donc faire table rase du passé. Si le premier de chorale (le P.P. flingueur qui a pris le trait d'union entre Champagne et Ardenne pour un signe de soustraction) est marnais [*], des voix ardennaises, à quelques circonvolutions et bémols près, se sont jointes au concert. Dire que la région se porterait mieux sans son "Ardenne", c'est vouloir lire dans le marc ... de champagne dont la production atteindrait 440 millions de bouteilles en 2030 ! C'est vouloir dire que ce qui n'a pas été fait dans un récent passé sera, promis-juré, réalisé dans les deux prochaines décennies.
    [ l'union/L'Ardennais du 1er novembre 2010 ]
      Il semble que les propos tenus (par des roitelets se prenant sans doute pour des aigles ?) ne fassent pas plaisir à tout le monde, si l'on en juge par les commentaires adressés ici ou là. Commentaires qui auraient plus de poids s'ils étaient - plus souvent - mieux argumentés et visaient les bonnes cibles !
      Devant le tollé, les mêmes responsables, embarrassés, n'ont pas tardé à faire marche arrière, ne serait-ce qu'en regard du coût de ce changement, que bien sûr, ils avaient prévu d'assumer eux-mêmes ?
      Si Dom Pérignon, natif de Sainte-Menou, n'était point allé jusqu'à Limoux, célèbre pour sa "blanquette", et n'en avait rapporté la méthode devenue "champenoise", la Champagne ne serait peut-être aujourd'hui qu'une ... campagne.
    [*] marner :
      - amender (une terre) avec de la marne (syn. marler).
      - travailler durement (pop., arg.).
      - s'élever au-dessus du niveau moyen (en parlant de la mer ou de la marée).
      - parler (en "parler" ardennais de région champenoise).
      - bougonner, ronchonner (en "parler" ardennais).

  • [ L'Atlas de Champagne-Ardenne 2004 | Immigrations en Champagne-Ardenne depuis 1789 ]
  • Le département des Ardennes ailleurs... ?

    • dans une région Champagne-Ardenne agrandie du département de l'Aisne ?
    • rattaché, avec l'Aisne, à la région Nord-Pas-de-Calais ?
    • dans une région "Grand-Est" ?
    • rattaché à la Belgique (province de Luxembourg ou de Namur) !!!

    L'hypothèse d'une fusion de la Champagne-Ardenne avec la Lorraine et l'Alsace est - définitivement ? - abandonnée au profit d'un rattachement avec la Picardie. Notre nouvelle région va-t-elle s'appeler "ChamPicArdenne" ?
    [ Bien que le nom de "Champagne-Ardenne" (sans "s") soit consacré depuis plusieurs décennies, plusieurs responsables politiques, et autres dessinateurs de cartes, semblent ne connaître que celui de "Champagne-Ardennes" ! ]
    Aux dernières nouvelles, les élus du Conseil régional de Picardie rejettent, à l'unanimité, une "union contre nature", en votant un texte "sur la base du plus petit dénominateur commun : le refus d’un mariage d’Amiens, Beauvais et Saint-Quentin avec Reims-Troyes et Chaumont". Quid de Laon et de Charleville-Mézières ? [ l'u/L'A du 21/06/2014 ]
    Les dernières "dernières" nouvelles (du 15 juillet 2014) annoncent le choix par les députés PS, du rattachement de la Picardie au Nord-Pas de Calais (dont les élus socialistes de cette dernière ne veulent pas), et se prononcent pour une fusion de la région Champagne-Ardenne à la nouvelle région Alsace-Lorraine... Fusion rejettée par le Conseil régional d'Alsace...
    Alors que les sénateurs en étaient restés à 15 régions, "... la carte qui sera soumise la semaine prochaine à la discussion de l'ensemble des députés dans l'hémicycle fusionne donc de nouveau l'Alsace avec la Lorraine et Champagne-Ardennes, et le Languedoc-Roussillon avec Midi-Pyrénées". [L'Express 12/11/2014 ]
      Dans le cas d'une fusion avec l'Alsace, la capitale de région serait Strasbourg. Pour s'y rendre par la route, les Givetois n'auront que 348 kilomètres à parcourir (en passant par la Belgique et traversant le Grand Duché du Luxembourg), tandis que les Asfeldois n'en auront que 376 (200 de plus que pour se rendre à Paris). Pour Saint-Louis, au sud du Haut-Rhin, il leur faudra parcourir 348 kilomètres.
      Depuis le chef-lieu du département, la distance (viaMichelin) n'est que que de 331 kilomètres, davantage que pour se rendre à Luxembourg-ville, à Bruxelles, à Liège, à La Haye, à Lille, Amiens ou Dunkerque...

      Le Conseil régional a finalement choisi le nom de "Grand Est", se rangeant à l'avis largement majoritaire de 300.000 internautes (5,4% de la population), alors qu'un collège d'experts, d'élus et de citoyens tirés au sort (60 personnes)...

    Et si, plutôt que de vouloir fusionner les régions, on avait choisi la fusion des communes, sur la base des communautés actuelles, à l'image de ce qu'ont réalisé, depuis 1977, nos voisins d'Outre-Quiévrain...
  •   Les origines du nom "Ardenne", citées dans la littérature, parfois officielle, et à présent sur des sites Internet, sont aussi diverses que variées, que l'on soit en Belgique ou en France :
    • *ard : haut, hauteur (racine celtique),
    • *ardu : hauteur boisée
    • Ar denn : les chênes, la forêt de chênes, la forêt,
    • Ar Dean : la forêt,
    • Ar Duen : la noire,
    • Ar duin : la profonde,
    • Ar duin[n]a : la forêt profonde,
    • ard-bhenn/venn, d'où ard-uenn : montagne élevée [ source ],
    • Arduum : lieux élevés (mot d'origine latine selon le PNRA),
    • Arduin[n]a, Ardvinna, Ardbinna, Arduen[n]a, Ardoina : déesse de la nature (aux côtés d'Arti ou d'Epona), soeur d'Artémis, déesse de la chasse dans la mythologie grecque (devenue Diane, dans sa transposition romaine),
    • Arduennensis : des Ardennes (Grégoire de Tours),
    • A propos de l'étymologie de l'Abbaye d'Ardenne(s), près de Caen :
      • ar-denn : forêt de chênes ("La Chesnaie" : hameau voisin),
      • Arduinna : sur l'emplacement d'un temple gaulois y consacré,
      • arduum : qui se dresse sur une hauteur (terme latin),
      • arduenna : montagne (terme gaulois).
    • ardu : élevé, pentu (Cité des Sciences : ~100 toponymes en France)
      Comment s'y retouver dans cette forêt de propositions ?

  • "Ardennes vertes" ?

Superficie : 5246 km2 (70ème département)
Forêts : 152700 ha (29%), principalement de feuillus (chênes rouvres [23.157 ha] et pédonculés [10.842 ha], hêtres, bouleaux, charmes, frênes, érables, peupliers, ...) et 18 % de résineux.
[ L'Ardenne - Inventaire forestier national ]
"... c'est la région la plus boisée de France ..." (JT 13h / TF1, le 15 septembre 2016).
La forêt française occupe 161.000 km2, soit 29,2% du territoire, le département le plus boisé étant le département des Landes avec 632.300 ha (67%), dont près des 3/4 de résineux.
La cellule archéologique du C.G. a découvert (en 2011 à Douzy) les restes d'un chêne datant de ~8000 à ~10.000 ans avant notre ère, ce qui en ferait un des plus vieux d'Europe.
Surfaces agric. : 309530 ha (59%) dont
- 176500 ha de terres arables (57 % de la SAU),
- 132750 ha de prairies (43 %),
réparties en 2384 exploitations, soit 126,8 ha par exploitation.
[chiffres 2008]
En ce qui concerne le blé, le rendement actuel est similaire à celui de la Brie et de la Beauce (~80q/ha), alors qu'en 1955, on a produit 1.188.000 quintaux sur une surface de 44.000 ha (~27q/ha).
Frontières :

- avec les provinces belges de Namur et du Luxembourg
    (155 km : 1/4 de la frontière franco-belge),
- avec les départements de l'Aisne (65 km), de la Marne (75 km) et de la Meuse (65 km).
Le département n'a pas de frontière avec l'Allemagne, ni ... avec la Sibérie !


Hydrographie :

* 3470 km de cours d'eau, les principaux étant
- la Meuse (137 km, altitude de 160 à 100 m, 26 écluses), et
- l'Aisne (140 km). [ Ouvrages 08 - Viking08 ]
Le Canal des Ardennes (début des travaux 1823, ouverture 1827-31, modernisation 1842-1846) relie les vallées de l'Aisne et de la Meuse :
- 87,779 km, 44 écluses de Pont-à-Bar (alt. 151,30 m) à Vieux-lès-Asfeld (alt. 60,55 m)
- bief de partage (alt. 165 m)
[ Le Canal des Ardennes, sur wikipedia ]
Les travaux entrepris pour la canalisation de la Meuse ont été effectués de 1875 à 1878. C'est la canalisation de la Meuse néerlandaise (~1930) qui aurait porté un coup fatal pour le saumon qui disparaît de la Meuse (et de la Semoy) dans les années 1935-1937. On parle, à ce sujet, d'eutrophisation (sur Wikipedia : modification et dégradation d'un milieu aquatique), dont une des manifestations les plus visibles pourrait être l'apparition, en importante quantité, des renoncules aquatiques. Il semble qu'aujourd'hui, les bords de nos rivières s'ornent d'une nouvelle espèce "invasive" : la balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera).
On peut regretter que la Meuse ne soit au garabarit européen qu'en aval de Givet, alors qu'elle doit se contenter du gabarit Freycinet (avec des écluses de 45,30m x 5,70m, pour des péniches de 250 tonnes) en amont.
...et le Général de déplorer : « il est inconcevable que la Meuse canalisée à 1.350 tonnes en Belgique jusqu'à notre frontière, ne soit pas aménagée en France au bénéfice de l'axe Méditerranée-Mer du Nord ».(avril 1963)

Le "grand" gabarit européen atteint 9.000 tonnes, avec un gabarit "intermédiaire" de 4.400 tonnes.

Pendant des décennies, la Meuse a vu passer les Mignoles (bateaux "ardennais", à avant et arrière plats, et au "nez" relevé) avec leurs chargements d'ardoises et autres bois de mine.


* Lac des Vieilles Forges (150 ha, 12 km de berges), et
* Lac de Bairon (140 ha), aménagés en bases de loisirs.
Les Ardennes dépendent de deux bassins fluviaux : le bassin Seine-Normandie (au sud), et le bassin Rhin-Meuse (au nord). La limite de partage des eaux se trouve sur les Crêtes pré-ardennaises, matéralisée par des amas de pierres, de part et d'autre de l'autoroute A34, à hauteur de Villers-le-Tourneur.

Routes :* 3247 km, à la charge de la Direction des Routes et Infrastructures (DRI) du département, à l'exception de [seulement]
* 130 km de routes nationales et voies autoroutières non concédées, à la charge de l'Etat, via la DIR Nord (Direction Interministérielle des Routes) dont le siège est à Lille.
* les autres départements de la région Champagne-Ardenne dépendent de la DIR Est (siège à Nancy) pour la Marne et la Haute-Marne, et de la DIR Centre-Est (siège à Lyon) pour l'Aube.
* sans oublier la branche ouest de l'Y ardennais...
Population :* 290130 habitants (en 1999), en baisse de 6% par rapport à celui de 1990 (en 1900 : 0,8 % de la population française, un siècle et deux guerres plus tard : 0,5%). La densité de population est la moitié de la moyenne nationale...
* 285.563 habitants (294.635 avec doubles comptes) à fin 2006,
* 283.110 habitants (291.472 avec doubles comptes) à fin 2010.
* Si la population départementale avait subi la même évolution que la population nationale, de 1968 à 2010, elle devrait aujourd'hui dépasser les ... 400.000 habitants ! Les démographes et autres économistes ont, depuis plusieurs décennies, rangé le département dans "la diagonale du vide".
* Selon les projections actuelles, elle ne sera plus que de 260.000 habitants (0,4 %), en 2025.
[ Evolution 1791...2030 | Flux migratoire 1990-99 | Communes 1876... | Carte 1975-1999 ]

-> Région : 1.342.363 h (dont Aube : 293.131, Marne : 565.229, Haute-Marne : 194.873 h en 1999), 1.339.000 h en 2005, 1.338.850 h fin 2006.
(1968 : 1.279.271 / 1975 : 1.338.832 / 1995 : 1.350.114 [max] / 2005 : 1.337.759 [min])
-> France : 58.518.000 h en 1999, 62.000.000 h en 2005, 63.185.925 h fin 2006.
* pour les Ardennes :
[ Chiffres officiels 2009 (fin 2006) | Chiffres 2012 (fin 2009) | Chiffres 2014 (fin 2010) ]
* Budget Ardennes : 414,2M€ => 1433€/hab. / Hauts-de-Seine : 1714M€ => 1130€/hab. (2008)
* Les chiffres communément indiqués sont ceux des populations sans double compte. Les chiffres avec double compte servent de base, de manière générale, à l’application du Code général des collectivités territoriales (nombre de conseillers, indemnités afférentes, nombre de grands électeurs, dotations de l’Etat, ...).


* emplois salariés : 90358 / emploi total : 99534 [=> 102.966] dont :
industrie 25859 26% => 24,4%
construction 6136 6,1% => 6,6%
tertiaire 62874 commerce : 6,1% => 11,8%
services : 51,2% => 52,6%
agriculture   4,7% => 4,6%
[ => Ardennes en marche, mars 2009 ]
  La moyennne nationale en 2006, pour les emplois industriels, est de l'ordre de 14%. Pour les services marchands, elle atteint 25% : exactement l'inverse des chiffres de 1978. En 1954, l'agriculture concerne encore 30% des emplois, mais seulement 4% de nos jours...

[ L'Usine Nouvelle : les industries ardennaises ]

* PIB par habitant : 16767 euros (France : 23736 euros) [2000].
* 37 collèges, dont 5 multisites (12.437 élèves), plus
* 5 collèges privés (1.717 élèves).
* 20.220 élèves (5.208 en maternelles et primaires, 6.245 en collèges, 8.757 en lycées) transportés par
* 330 véhicules (dont 246 autocars), parcourant 32.000 km par jour.
[chiffres CG08 rentrée 2008-2009 et année scolaire 2007-2008]
Communes :

463
En 1999 :
* 122 (26,3%) communes avaient moins de 100 habitants (3 en 1876),
* 256 (55,3%) avaient moins de 200 habitants (48 en 1876),
* 412 (89%) de moins de 1000 habitants représentaient 1/3 de la population départementale,
*  51 (11%) de 1000 habitants et plus, les 2/3 restants.

De 1876 à 1975 (dont 2 guerres + industrialisation - exode rural) :
Nb Com Pop 1876 Pop 1975 Perte
27   9.763 h  1.890 h  > 75 % 
110   45.816 h  12.477 h  > 66 % 
256   112.555 h  40.101 h  > 50 % 

Ces communes sont réparties 4 arrondissements et 37 cantons[*] (66 cantons en 1790), dont la population s'échelonne :
- de 1232 habitants pour Tourteron (dont 89,04% sont inscrits sur les listes électorales)
- à 19311 habitants pour Mézières-Est (dont 48,89% d'inscrits).
[*] 17 cantons après 2014.

Arrondissement Pop. 1999 -> 2010 Cantons Communes Pop. 1876 [*]
Charleville-Mézières 171.608 -> 165.034 17164  88094+51055
Sedan  62.096 ->  62.024  6  81  72760
Rethel  33.951 ->  35.331  6 101  59785
Vouziers  22.475 ->  22.360  8 123  55122

[*] L'arrondissement de Rocroi a été supprimé le 10 septembre 1926 (celui de Sedan, supprimé à la même date, a été rétabli le 1er juin 1942).
[ Géographie des Ardennes par Adolphe Joanne / recensement de 1876 ]
[ Liste des anciennes communes des Ardennes (wikipedia) ]


Préfecture :

Charleville-Mézières, 58000 habitants (estimation 2010 : 51.000 habitants), est née de la fusion, le 1er octobre 1966, des deux villes, et de quelques communes environnantes (Étion, Mohon et Montcy-Saint-Pierre, Le Theux ayant été rattachée à Mézières en 1965).
Le chef-lieu du département est :
* à 225 km de Paris et 2h20 par le train (1h30, par la LGV-est, depuis le 10 juin 2007),
* à 195 km de Lille,
* à 140 km de Bruxelles,
* à 120 km de Luxembourg,
* à 80 km de Reims.
Du temps des diligences, il fallait compter pas moins de 6 jours pour rallier Sedan depuis la capitale, la dernière halte s'effectuait au Relais de Poste de Launois.


Représentants : * 3 députés (2UMP,1PS) [ voir ]
* 2 sénateurs (UMP) [ voir ]
-> Benoît Huré est devenu sénateur (depuis le 19 octobre 2004) suite au décès d'Hilaire Flandre, dont il était le suppléant.
-> Marc Laménie a été élu (le 26 août 2007) suite à la démission de Maurice Blin (élu depuis 1971).
-> de nouvelles élections ont eu lieu le 21 septembre 2008 (tiers renouvelable). Les sortants ont été réélus. 954 électeurs ont participé au second tour (972 inscrits).
* le Conseil Général [ cantonales 21-28 mars 2004 et 9-16 mars 2008 ] :
-> conseillers : UMP(16), DVD(9), UDF(1), DVG(3), PS(8) ->
. Après les élections des 20-27 mars 2011 :
-> conseillers : UMP(14), DVD(6), UDF(1), DVG(3), PS(11), SE(2) ->

La numérotation - de Asfeld (1) à Vouziers (31) - correspond aux cantons tels qu'ils ont été définis lors de la création des arrondissements en 1800, la liste originelle en prévoyait 66 en 1790. Pour des raisons d'accroissement de population, de nouveaux cantons ont été créés en 1973 : Charleville-La Houillère (32), Mézières-Est (33), Nouzonville (34), Revin (35), Sedan-Ouest (36), et en 1982 : Villers-Semeuse (37), essentiellement urbains.

Les conseillers généraux sont élus pour 6 ans [*] au suffrage universel direct. Ils sont renouvelés par moitié tous les trois ans et sont rééligibles. Le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours.
- est élu au premier tour, le candidat ayant recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés et les suffrages de 25% des électeurs inscrits.
- ne peuvent se présenter au second tour que les candidats ayant obtenu au moins 12,5% des électeurs inscrits. Si un seul candidat remplit cette condition, le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages après lui peut se maintenir au second tour. Si aucun candidat ne remplit cette condition, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent se maintenir au second tour. Est élu celui qui a obtenu la majorité relative des suffrages exprimés.
[*] les élus de 2011 ne le seront que jusqu'en 2014, date des prochaines élections régionales.


A l'issue de la réforme des cantons, le Conseil Général, devenu Conseil départemental, se compose de :
15 conseillères/ers   UD (Union de la Droite) ou DVD (Divers Droite)
 4 conseillères/ers   PS (Parti Socialiste), UG (Union de la Gauche) ou DVG (Divers Gauche)
 



A travers l'histoire :

* en Gaule belgique sous Jules César, puis
* en Belgique seconde (capitale Reims) sous Constantin, mais Ivois est en Belgique première (capitale Trèves) et Givet en Germanie première (capitale Cologne),
* au traité de Verdun (843), l'empire de Charlemagne, en ce qui nous concerne, est partagé entre Francie occidentale et Lotharingie, la Meuse constitue la frontière entre ces deux territoires,
* en province de Champagne (capitale Troyes - Aube), et Comté de Rethel,
* à l'évêché de Liège (Belgique),
* aux Pays-Bas espagnols, puis autrichiens,
* sous occupation russe et prussienne en 1815,
* sous occupation allemande (1870, 1914-1918, 1940-1944) ...

... à la France :

1285 : le comté de Champagne est rattaché au Royaume de France, par le mariage de Philippe le Bel avec Jeanne de Navarre.
1596 : Grandpré (le comté rentre dans le Royaume de France).
1629 : Château-Regnault, Monthermé, Linchamps (rachetées par Louis XIII à Louise-Marguerite de Lorraine).
1642 : Sedan (cédée par Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne, compromis dans le complot de Cinq-Mars contre Richelieu).
1659 : Carignan (cédée par les Flandres espagnoles).
1678 : Givet (par le traité de Nimègue, confirmé par la paix de Ryswick en 1697, puis par le traité de Lille en 1699).
1678 : Fumay-Haybes (par le traité de Nimègue, après avoir appartenu aux princes-évêques de Liège, au duché de Bourgogne en 1477, à l'Autriche et l'Espagne).
1709 : Charleville (la principauté échoit aux Condé, au décès du dernier fils du fondateur).
1792 : Revin (rattachée à la Révolution).
1795 -
1815 :
plusieurs localités des actuelles provinces de Namur (Philippeville, Mariembourg, Couvin, ...) et de Luxembourg (Bouillon, ...) sont rattachées au département des Ardennes, et rendues au Royaume des Pays-Bas, après Waterloo et la chute de Napoléon.

Rég. administrative : Champagne-Ardenne : Châlons-en-Champagne (Marne), précédemment chef-lieu de généralité depuis 1542.
(oui, l'Ardenne est "singulière" dans le nom de la Région ... sauf pour 30% des internautes !)
La région Champagne-Ardenne est à présent regroupée avec les régions Alsace et Lorraine, formant avec ces dernières une région "Grand-Est".
Académie : Reims (Marne), autrefois Lille (Nord)
Cour d'appel : Reims (Marne), autrefois Nancy (Meurthe et Moselle)
Religion : Diocèse de Reims
Région militaire : Metz (Moselle, 6ème région)
Chèques postaux : Châlons en Champagne
Réseau fluvial : Agence de l'eau Seine-Normandie (Nanterre)
Agence de l'eau Rhin-Meuse (Metz)
Réseau routier : rattaché à la D.I.R. Nord
Elect. europ. : rattaché à la région Grand-Est (+Lorraine, Alsace, Bourgogne, Franche-Comté)
Météo :
(Marne-Ardennes)
- conseils : direction Nord (Villeneuve-d'Ascq),
- prévisions : direction Nord-Est (Strasbourg).
Sports : Ligues de Champagne, autrefois Ligue du Nord-Est (football), Ligues du Grand-Est
Santé :

Le département est rattaché au "Territoire de santé" Ardennes-Marne, autour du CHU de Reims, alors que le précédent découpage (en 2003) prévoyait une zone "Nord-Ardennes" et une zone "Sud-Ardennes-Marne".
Après la fermeture de la maternité de Rethel (après celles de Revin -> Dinant et de Vouziers), il ne reste plus que celles de Charleville-Mézières (Manchester) et celle de Sedan.
Selon les chiffres de 2009, les Ardennes comptent :
- 421 médecins généralistes, soit 148 pour 100.000 habitants (160 en moyenne nationale) et
- 243 médecins spécialistes,  soit  85 pour 100.000 habitants (153 en moyenne nationale).


  • Depuis plus de mille ans, les Ardennais, surtout ceux du nord, ont été des "ouvriers-paysans-forestiers" dans une France essentiellement agricole. La présence de fer (dans le centre du département) et celle du charbon de bois ont permis une activité métallurgique importante. Il existait dans le département plusieurs bas-fourneaux (dont ceux du Mont Vireux, datant de l'époque gallo-romaine) ainsi que des hauts-fourneaux (il en est fait mention dans des écrits du milieu du XVème siècle) dont l'activité a duré jusqu'à la fin du XIXème siècle. Cette activité a survécu, entre le fer de Lorraine (où la "minette" a pu être débarassée de son phosphore, grâce au procédé Thomas-Gilchrist, découvert en 1878) et le charbon du Nord et du Pas-de-Calais (dont on a tiré le coke). Si les premiers hauts-fourneaux à coke ont été développés en Angleterre dès 1709, c'est seulement en 1769 qu'ils sont apparus en France (à Hayange). Un siècle plus tard, un tiers de nos hauts-fourneaux fonctionnaient encore au charbon de bois. Le premier laminoir à tôle fut construit à Givonne vers 1790 : le premier de France ?

  • "D'un coup, tel un chêne frappé par la foudre, le malheur s'écrase sur le pays où il fait si bon vivre.L'horreur d'une invasion sans uhlans ni panzers. Une histoire de chocs pétroliers déclenche un séisme dans l'Ardenne de France..."
    (Ardennes vagabondes - page 73)
    L'auteur de ces lignes(et d'autres avec lui) voudrait-il ignorer que plusieurs entreprises, et non des moindres, autrefois florissantes, avaient "fermé boutique", ou considérablement réduit leur activité, avant la première crise pétrolière des années 1973-74 ?
    [ La sidérurgie française, 1945-1979. L'histoire d'une faillite. Les solutions qui s'affrontent (Michel Freyssinet) ]
  • L'ancien haut-fourneau de Vendresse a été récemment restauré, d'aucuns disent "ressuscité", et peut être visité (juin 2003).
    [ Jean-Nicolas Gendarme (1769-1845) ]

  • Nombreuses sont les fonderies (fonte de fer) qui, pendant des décennies, ont fabriqué des appareils de chauffage, de Charleville à Givet.

    Parmi les grandes marques, citons Arthur-Martin, dont l'usine, installée à Revin depuis 1882, a été rachetée en 1976 par un grand groupe suédois qui a choisi de la reconvertir dans la fabrication de machines à laver ... et, prochainement, d'en gommer le nom !
    Revin est la ville des Ardennes ayant perdu la plus grande part de sa population : près de 50% en un demi-siècle, permettant à Givet de devenir la 4ème agglomération du département !

  • Aujourd'hui, l'activité est essentiellement tournée vers les produits de forge et d'estampage pour l'automobile, l'aviation ou le chemin de fer, remplaçant aussi la production de clous et de boulons des "boutiques", petites entreprises familiales établies dans les vallées de la Semoy ou de la Goutelle. Celle du cloutier (avec sa célèbre roue à chien, connue parfois comme "moteur à puces") est évoquée dans l'ouvrage "Le Fer et la Forêt" de (prix du Roman populiste en 1942).
    [ Biographie J.Rogissart | Généalogie Béziaud : cloutiers ardennais au 19ème siècle ]
    [ Le dur temps des cloutiers (3 textes) | Debout, frères de misère ! | Moteur à puces (UA/Y.H.) ]

  • La cité de Charleville a été le siège d'une Manufacture Royale d'Armes, créée sous Louis XIV, en 1688. Son activité s'est poursuivie jusqu'en 1822, mais a été transférée progressivement vers d'autres manufactures, moins proches de la frontière ! Quelques exemplaires de sa production sont présentés au Musée de l'Ardenne (120 armes, dont 37 viennent de la donation André Forget).
    [ Usines d'armes | La Manufacture Royale d'Armes de Nouzon(ville) ]

  • Saint-Eloi, patron des orfèvres et des forgerons, est toujours fêté chaque année, ne serait-ce qu'à l'occasion d'un repas amical ou d'une remise des médailles du travail.

  • Le Musée de la Métallurgie Ardennaise (ou Centre Culturel de la Métallurgie) de Bogny-sur-Meuse, témoin du passé métallurgique de la Vallée de la Meuse (de la Semoy et de la Goutelle), est aussi une vitrine du savoir-faire actuel. Réouvert en mai 2009, après deux ans de travaux, il offre une surface d'exposition double, permettant une présentation plus pédagogique.

  • A lire : "Métallurgie ardennaises, un territoire, des usines et des hommes" par René Colinet.

  • C'est à Hautes-Rivières, sur une fraiseuse UGV (usinage à grande vitesse) à commande numérique, qu'a été tentée, en juin 2004, une expérience d'usinage à distance, depuis le CETIM de Saint-Etienne. Cette expérience - réussie - s'est déroulée sous l'oeil d'une WebCam, grâce aux technologies développées sur Internet. Les "clouteux" des "boutiques" n'en r'vinraient mi (seraient bien surpris) !

  • [ Patrimoine industriel ardennais (CR Ch-A) | Entreprises ardennaises (l'Usine Nouvelle / en ?)
    | BRGM : inventaire sites ardennais (RP-52545-FR) | le site du CRITT ]
  • "Les élus ont doté le lycée Bazin et le Greta de trois imprimantes 3 D pour un coût de trois millions d’euros". [ l'u/L"A du 14/10/2016 ]


  • D'autres Ardennais ont été forestiers, à pourvoir en "bois de mine" et en "traverses de chemin de fer", les départements voisins, ou à écorcer les chênes pour alimenter les moulins à tan, indispensable au traitement des peaux. Ces écorceurs ou peleurs d'écorce utilisaient un outil rudimentaire désigné sous le nom de "pelou" (ou "péloi/pelloi").

    "Prends ta manique et ton péloi..."
    "Eh ! Renaut ! Réveille, réveille..."
    "Eh ! Renaut ! Réveille-toi !"

    (Chanson des Bûcherons d'Ardenne)
    [ par la chorale de l'Université de Cadix | par la chorale de Charly par choeur
    | par la chorale de l'église du Sacré-Coeur d'Ancône (canto populare delle Ardenne) ]

  • Le Musée de la Forêt, à Renwez, sur 14 hectares en pleine nature, évoque les différents métiers des hommes des bois.


  • Un Parc Naturel Régional (118.000 ha [1]/ 91 communes [2] / 77.000 habitants) devrait bientôt voir le jour ("... pourrait être opérationnel en ...") dans le nord du département (Rièzes et Sarts, Thiérache et Pointe de Givet), parc que le paléonthologue et signacien d'adoption Yves Coppens a accepté de parrainer.
      La Charte, en cours de rédaction, doit s'efforcer de concilier des impératifs écologiques avec les impératifs de développement économique. "Depuis la loi paysage de 1993, la charte des Parcs naturels régionaux est opposable au schéma de cohérence territoriale (SCOT), au plan local d’urbanisme (PLU) ou à la carte communale, pour l’ensemble des communes adhérant au PNR. Les documents d’urbanisme devront être compatibles avec les grandes orientations de la charte."
      Le nouveau président de l'Association de Préfiguration du PNR des Ardennes se donne « 18 mois pour réussir ».
    [ l'union/L'Ardennais du 20 septembre 2008 | le livret pédagogique ]
      Déjà, en 1973, le Conseil général s'était penché sur cette question :
    19950529/14 Dossiers des parcs : ARDENNES :
    - Rapports et études sur l'aménagement et l'urbanisme du parc naturel régional des Ardennes ; Création d'un parc naturel régional de l'Ardenne, rapport au conseil général, 1973 ; projet franco-belge.1968-1970 ; cartes, plans, presse, correspondance, 1968-1977.
    [archives du Ministère de l'Environnement].

      Mieux ! En 1960, un article, paru dans la revue "La Nature", laissait espérer que le parc naturel des Ardennes serait la deuxième réalisation française après celui de la Vanoise.
      Ce projet faisait suite aux demandes de l'association pour l'aménagement d'un parc national, créée le 4 septembre 1958, sous la patronage du préfet des Ardennes, dont le président fut Pierre Tainturier, directeur du journal "L'Ardennais".
    [ source : revue du CREHLoM - n°10 / "Un parc National à la Croix-Scaille" - JP Pénisson - SHNA ]
      A l'issue de l'enquête d'utilité publique (du 5 janvier au 9 février 2011), les collectivités locales auront 4 mois pour délibérer avant le dépôt du dossier au Ministère en charge de l'environnement, seul habilité à accorder le label tant attendu.
    [ voir la charte ]

    Passage du futur au présent :

    Le Journal officiel du vendredi 23 décembre publie le décret [n° 2011-1917 du 21 décembre 2011 portant classement du parc naturel régional des Ardennes (région Champagne-Ardenne) publié au JORF n°0297 du 23 décembre 2011 page 21820] qui classe en parc naturel régional, pour une durée de douze ans à compter de la date de publication du présent décret, sous la dénomination de « parc naturel régional des Ardennes », dans le département des Ardennes, en totalité les territoires des communes de : { liste des communes } [2].
    La charte du parc naturel régional des Ardennes, approuvée par le conseil régional de Champagne-Ardenne le 19 septembre 2011, est adoptée par le présent décret.
    [ l'union/L'Ardennais du 23 décembre 2011 ]
      Le siège du PNRA, installé provisoirement à Hargnies, choix opéré par les "barons de la Pointe" trouvera définitivement sa place à Renwez, commune abritant le Musée de la Forêt, crée en 1988.


    [1] cette superficie représente 22,4% du département, et non "... près du tiers ..." comme propagé dans les médias, dont certains vont jusqu'à dire qu'"il couvre même les deux tiers du département..." !
    [2] les 9 cantons concernés regroupent 92 communes, mais celle d'Aouste (canton de Rumigny) s'est opposée au projet.

  • Parmi ces impératifs figure la réalisation de la future "branche ouest" de l'Y autoroutier ardennais ("inscrit au réseau routier transeuropéen avec la dénomination E 420 le 23 juillet 1996 par décision du Parlement Européen et du Conseil des Communautés Européennes").

    Les travaux - de la branche ouest - devraient commencer rapidement, à l'issue de l'enquête d'utilité publique (11 juillet - 9 septembre 2005). Le décret d'utilité publique est paru le 2 mars 2007 au Journal Officiel. Dans son article 2, il est précisé que : "Les expropriations nécessaires à l'exécution des travaux devront être réalisées dans un délai de dix ans à compter de la date de publication du présent décret.", alors que la mise en service de ce tronçon est prévue (souhaitéee) pour 2011.
    "celle-ci ne serait pas achevée avant mais ... certains tronçons seraient livrés à la circulation en 2011.
    « On commencera par le plateau de Rocroi jusqu'au Piquet et on terminera par le raccordement à Charleville ».
    "
    [l'union/L'Ardennais du 15 décembre 2007]

    "Eh ! Renaut ! Réveille, réveille...
    "Eh ! Renaut ! Réveille-toi !"
    *  "Au terme des Contrats de plan, fin 2006, le Conseil général a déjà participé au financement de l’A 34 pour un montant total de 104 millions d’euros. La branche Ouest du Y ardennais, chaînon manquant de l’axe Rotterdam-Marseille, devrait ouvrir à la circulation au plus tard en 2013. Sa réalisation représentera un coût total de 330 millions d’euros, la participation du Département sera de 55 millions. Une somme à laquelle s’ajoutera le montant des travaux du barreau de raccordement de Belval-Warcq, entre l’A 34 et la RN 43." [ CG08 - Budget 2009 ]
    *  Le nouveau préfet des Ardennes a annoncé le lancement du marché de maîtrise d'œuvre pour la réalisation de l'Y.
    [ l'union/L'Ardennais du 30 septembre 2008 ]
    *  La dernière date annoncée, toujours au conditionnel, pour l'achèvement des travaux, serait .
    *  L'ouverture de cette route ne se fera qu'en… , selon le président de la CCI.
    [ l'union/L'Ardennais du 14 novembre 2008 ]
    *  Le bouclage financier (330 millions d'euros) de l'Y Ardennais (l'A304) est terminé : l'État a, en effet, inscrit les crédits qui manquaient pour que sa réalisation connaisse une accélération concrète sur le terrain.
    *  Rendez-vous en septembre pour le phasage des travaux.
    [ l'union/L'Ardennais du 11 juin 2009 ]
    ...l'Etat n'est pas en cause... l'Etat [ne joue pas] au yo-yo avec cette autoroute... l'Etat veut que les travaux se fassent en une fois... la réalisation du barreau de raccordement [en] 2015...
    [ l'union/L'Ardennais du 4 février 2010 ]
    ... L'Etat a gâché la chance de rattrapage qu'il nous avait fait miroiter...
    [ Assemblée nationale / séance du 20 mai 2003 ]
    ...sa concrétisation sur le terrain est renvoyée au mieux à ,
    tandis que le contournement nord-ouest de Charleville (et le désenclavement des vallées de la Meuse, de la Semoy et de la Goutelle) est envisagé à l'horizon [1] de .
    [ l'union/L'Ardennais du 6 mai 2010 ]
    ... la déviation de Rocroi qui s'est longtemps apparentée à un vieux serpent de mer va enfin entrer en chantier dans le courant du mois de mai [2011]...
    ... Le coût estimatif du projet s'élève à 349,607 millions d'investissements subventionnés par l'Etat (187,653 millions), la Région (99, 315 millions), le Département (60,185 millions) et le Feder (1,824 million).

    [ l'union/L'Ardennais du 12 avril 2011 ]
    ... premiers coups de pioche ... ouverture en 2016...
    [ l'union/L'Ardennais du 21 novembre 2011 ]
    La facture s'alourdit... (278 M€ ... 330 M€ ... 433 M€ ...)
    [ l'union/L'Ardennais du 10 février 2012 ]
    ... Eu égard à la situation financière actuelle du département, et en l'absence d'évolution significative de ses compétences notamment dans le domaine social, la chambre estime qu'à ce jour le financement de la totalité de ces travaux, notamment l'achèvement de l'Y ardennais de l'A 304, paraît à tout le moins incertain...
    [ l'union/L'Ardennais du 28 mars 2012 ]
    L’addition infernale
    La facture, évaluée en juillet 2007 à 330 M€, atteindrait aujourd'hui 430/450 M€ [2] :
    - 55 % pour l’État (263,5 millions),
    - 28,33 % pour la Région (121,8 millions) et
    - 16,67 % pour le Département (71,68 millions)...
      On s’est aperçu aussi que le tracé emprunte des sols de mauvaise qualité, des zones très humides, voire marécageuses....... Le chantier ne sera pas fini en 2016, mais « en théorie » en 2017.

    [ l'union/L'Ardennais du 7 décembre 2013 ]
      Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé l'autorisation préfectorale de travaux répondant à la demande de France Nature Environnement qui considère que ne sont pas indiquées les mesures compensatoires à la destruction de 200 ha de zones humides (10 cours d'eaux déviés, bétonnage de 17 rivières, traversée d'une zone Natura 2000). On ignore à ce jour quelle sera la durée d'interruption des travaux.
    [ l'u/L'A du 12 février 2014 ]
    [ Dossier de demande de dérogation exceptionnelle... (15/06/2010-11/08/2010) - 223 pages ]
      Septembre 2014 : le chantier peut reprendre ...
      Une "rallonge" de 53 M€, portant le total à 483 M€, sera nécessaire "pour boucler le chantier titanesque de l’A304".
      [ l'u/L'A du 17 février 2016 ]
      Juillet 2016 : la découverte d'une cavité (cf "www.lavenir.net/" en avril 2014), lors des travaux de contournement de Couvin (Belgique), fait craindre un nouveau retard (estimé à un an et demi) à l'ouverture de l'autoroute :
    "... la première phase du contournement ne sera pas finie avant septembre 2017..." [ l'u/L'A du 8 juillet 2016 ]

     [1Horizon : "ligne qui recule au fur et à mesure qu'on avance..."
     [2]  Le budget de fonctionnement 2015 du département s'élève à 311 M€.
  • Sedan, dans l'esprit des gens, c'est d'abord une histoire de défaites, et en premier lieu, la capitulation de Napoléon III en 1870 (lire ou relire "La Débâcle" d'Emile Zola), malgré le combat des "Dernières Cartouches" à Bazeilles. C'est aussi le souvenir de l'invasion allemande et des blindés de Guderian franchissant la Meuse (comme à Dinant, en Belgique, ou à mi-chemin, à Monthermé), au débouché de la forêt des Ardennes. Cette forêt décrétée infranchissable par nos stratèges, il n'y avait pas lieu de défendre la frontière par des ouvrages de la ligne Maginot. Le plus septentrionnal de ceux-ci (à Villy), situé à quelques kilomètres au sud-est de Sedan, a été neutralisé sans véritable combat.

  • Sedan, c'est d'abord le domaine, au 15ème siècle, des Princes allemands de la Marck, au rang desquels Jean, fils d'Everard II, reçut, le premier, le surnom de "Sanglier des Ardennes", à cause de sa brutalité. Il faut dire qu'à l'époque, il n'était guère question de guerres courtoises, quand il s'agissait d'accaparer un territoire. L'évêque de Liège, précédent propriétaire, ne lésinait pas d'avantage sur les moyens d'asseoir sa puissance. D'autres princes de la Marck ont reçu le même surnom : Jean, Everard III, Guillaume et Robert II.

    Monnaies frappées sous Everard III
    ("deniers à la truye" ~1488-89)

    Outre les princes de la Marck, sont connus comme "Sanglier des Ardennes" :
    - le Mouzonnais Raymond Sommer (1906-1950), célèbre coureur automobile,
    - le Mohonnais Roger Marche (1924-1997), footballeur du Stade de Reims, du Racing Club de Paris, et de l'équipe de France (63 sélections).


    Une belle famille ... ardennaise

      Le sanglier, vieil occupant du territoire, est resté l' de l'Ardenne, et donc des Ardennes, et repris par diverses associations, tant dans le département qu'au dehors de celui-ci. Comme un signe de ralliement. Parmi les représentaions qui en sont données, il en existe plusieurs dont on peut regretter qu'elles soient "anatomiquement" incorrectes, à savoir que les canines les plus développées (les défenses) y apparaissent attachées à la machoire supérieure !
      La devise qui lui est associée : "[Je] ne recule ni ne dévie" [*], est parfois complétée par : "là où je ne trouverai de chemin, je m'en tracerai un".
    [*] Cette devise est aussi celle de l'Escadron de Chasse III/3 Ardennes, basé à Nancy-Ochey, dont l'écusson est/était illustré d'une hure de sanglier, représentation considérée plus "agressive" que celle d'un sanglier "au ferme" (retenu par les chiens), ou en position assise et prêt à attaquer.


      Notons à ce sujet que, dans les Ardennes, on continue à faire la distinction entre les voyelles nasales "in" et "un", même si la tendance générale, sous influence francienne, est de faire disparaître la seconde au profit de la première. [ Ecoutez ! ]

    [ La laie "Woinic" à Bogny-sur-Meuse | Son nouvel emplacement | Le nouveau logo du département ]
    [ Woinic, le voyage (en 6 épisodes, vidéo de Revin-WebTV) ]


  •   Le vocabulaire du sanglier :

    • son nom latin est "porcus singularis" (porc solitaire), sanglier et singulier sont des doublets.
      son nom scientifique est "Sus scrofa".
    • la laie est la femelle du sanglier, elle est suitée quand elle a donné naissance à des petits.
    • les marcassins sont les petits du sanglier, en livrée striée, et portent ce nom jusqu'à 6 mois, puis celui de bête rousse (jusqu'à un an), bête de compagnie (jusqu'à deux ans), avant d'être une bête noire : ragot, puis , quartanier, porc entier, et finalement solitaire, voire ermite.
    • ses poils sont des soies, sous lesquelles se trouve la bourre (duvet).
    • les soies formant crinière jusqu'au milieu du dos forment la jarre.
    • ses canines supérieures sont les grès (ou grais),
      ses canines inférieures sont les défenses (particulièrement développées chez les mâles, le sanglier est miré si elles sont recourbées vers les yeux), .
    • l'extrémité de sa tête (groin et canines) est le boutoir.
    • sa tête trapue est la hure.
    • ses oreilles sont les écoutes.
    • son abri est la bauge, ou la souille, où il aime à se rouler dans la boue, pour se débarrasser de ses parasites.
    • on reconnaît son passage aux laisses ou laissées qu'il a "laissées" derrière lui, ou aux vermillures, faites avec son groin, pour trouver des vers, larves et autres racines : c'est un omnivore.

    Les patronymes Huré (Huret, Hurel, ...) et Hureaux sont dérivés de la "hure", désignant, en ancien français, une tête hérissée ! [ Dictionnaire des noms, de Jean Tosti ]
    Il en est de même des Indiens Hurons, ainsi nommés à cause de leur coiffure.

  • Population : 6.936 sangliers ont été prélevés (abattus) en 2008 dans les Ardennes (6.114 en 2007).
    A titre de comparaison, pour la saison 2008-2009, l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) a recensé 8 départements pour lesquels les prélèvements ont dépassé 15.000 sangliers : 22.523 (Bas-Rhin), 20774 (Moselle), 20523 (Gard), 19.395 (Meuse), 18.653 (Ardèche), 16.600 (Hérault), 16.000 (Haut-Rhin), 15.215 (Loir-et-Cher), le total pour l'ensemble des départements atteignant 569.437 unités (306.829 en 1999-2000).
    [ Chiffres ONCFS 2008-2009 - Chiffres ONCFS 2011-2012 ]
  • [ Mogues : territoire du sanglier | Notre devise - Notre bulletin - Le sanglier du bulletin ]
    [ Le sanglier de A à Z | Le blog ]



  • Sedan, rivale ou alliée de Bouillon, possède le plus vaste château-fort d'Europe (35000 m2).

  • Le Château possédait de fantastiques collections d'armes et d'armures que Bonaparte avait admirées, lors de sa visite en août 1803 (20 thermidor an XI) ... et fait transférer au Musée de l'Artillerie (devenu le Musée de l'Armée des Invalides) à Paris, pour son bon plaisir !
      Selon le site du SHAS, en feraient partie :
    - une armure attribuée à Frédéric V le conquérant,
    - une à Robert II? comte de La Marck,
    - une "Armure aux Lions" attribuée à François Ier,
    - une datant du règne de Charles IX,
    - une de Grimaldi,
    - une de Bayard...
      Rien que ça !
      Suite aux cérémonies célébrant le 4ème centenaire de la naissance du Maréchal Turenne, le maire de Sedan a demandé aux ministères concernés d'envisager le retour d'au moins 5 des armures, parmi les 23 présentes aux Invalides, et quelques autres qui se seraient perdues au cours du transport vers Paris...
      Trois mois plus tard ... quelques pièces d'armures pourraient être rendues au Musée du Château, mais aucune de celles réclamées. [ l'union/L'Ardennais du 14 décembre 2011 ]
      L'armure dite de Robert III (un harnois de joute français ou italien, de 1510 à 1515) revient à Sedan jusqu'en 2015. Un autre objet sera également visible jusqu'en 2017, à savoir un casque intégral du Moyen-Âge (armet H107) datant de 1510-1520, considéré au XVIIIe siècle comme ayant appartenu à Jeanne d'Arc. [ l'union/L'Ardennais du 24 juillet 2012 ]

    L'armure "de Robert III" et le casque "de Jeanne d'Arc" - une rareté, selon les dires du conservateur au musée de l'Armée - sont rentrés au bercail, à savoir la Galerie des Princes. [ l'union/L'Ardennais du 19 avril 2013 ]

  • Sedan, cité protestante et tolérante ... a vu affluer, de la fin du XVIème siècle au XVIIIème siècle, nobles, marchands, artisans et intellectuels vers la "Petite Genève" du Nord. Bernard Palissy y a trouvé refuge avec sa famille, après le massacre de la Saint-Barthélémy (août 1572), puis est retourné à Paris en 1575.

  • Sedan, c'était encore des Manufactures Drapières, dont la spécialité, le "Sedan", était un drap de laine noir, façon Hollande. Le mot "Sedan" désigne aujourd'hui, particulièrement aux Etats-Unis, une voiture automobile (conduite intérieure) après avoir désigné la chaise à porteurs, dont le siège était couvert du fameux drap : "Sedan ou Sedan-chair, prononcé "Sidann", est le nom anglais de la Chaise-à-porteur, parce qu'elle était tapissée en drap de Sedan, comme un bureau était d'abord un meuble recouvert de bure. Par extension, les carrossiers américains appellent maintenant "Sedan" les automobiles à conduite intérieure. L'origine est oubliée, en sorte que récemment, un journal a cru devoir écrire : « Ce terme, qui sonne mal aux oreilles françaises, n'a aucun rapport proche ou lointain avec la ville des Ardennes à laquelle se rattachent nos douloureux souvenirs de 1870.» Impossible de se tromper plus complètement.". [in Octave Guelliot - 1931]
    Cette hypothèse est contestée dans les dictionnaires anglo-saxons pour lesquels le mot "sedan" viendrait "probablement" de "sede", terme de dialecte de l'Italie méridionale signifiant "chaise".
    Quelques-uns des bâtiments de ces manufactures, ainsi que la plupart des "châteaux" où résidaient leurs florissants propriétaires, sont classés au Répertoire des Monuments historiques. L'ancienne Manufacture Royale de Draps, le
    Dijonval, est sans doute le plus beau fleuron de cette glorieuse époque...

  • L'activité lainière (et la tradition du tissage) ne subsiste plus guère aujourd'hui qu'au travers du "Point de Sedan". Ce "point" était, à l'origine, utilisé pour la dentelle "à l'aiguille" (aux 16e et 17e siècles), permettant d'obtenir une grande variété d'effets. Plusieurs centaines de dentelières ont exercé leur dur labeur dans le Sedanais, et pour un nombre important d'entre elles, jusqu'à la cécité. Il n'existe par le monde que de très rares traces de ces riches heures sedanaises. Il n'en existait qu'un exemplaire au Musée de Sedan (?), jusqu'à l'achat d'une pièce de 6 mètres (Drouot 2015).
    La Manufacture, qui n'emploie plus que quatre personnes, détentrices d'un savoir-faire unique, a eu les honneurs de l'émission "Faut pas rêver", diffusée sur FR3 le samedi 3 mars 2003. Evelyne, la "raccommodeuse", dans l'entreprise depuis août 1961, est partie en retraite. Dominique, Robert et Guy ont fait de même. Mais le passage de relais a été assuré !
    Les vieux métiers Jacquard, plus que centenaires, donnent de sérieux signes de fatigue et ont besoin d'être restaurés ! L'Association pour la Sauvegarde du Point de Sedan, créée fin 2004, devrait réussir, avec le secours de Saint-Blaise (patron des tisserands, fêté le 3 février) dans sa volonté de pérenniser l'entreprise. Tombée à moins de 8 m2 par mois, la production est remontée à plus de 30 m2 après l'intervention des "restaurateurs" (loin des 32000 m2 produits en 1899 avec 24 métiers). Il faut cependant suivre l'actualité au jour le jour, pour savoir si l'entreprise fonctionne et peut être visitée ! Son endettement risque d'entraîner sa disparition...
    On parle toujours de transformation en un Espace Jacquard, nom existant déjà dans l'Eure, en Haute-Marne, à Lyon bien-sûr, et sans doute ailleurs !

    En redressement judiciaire depuis le 8 octobre 2007, le Point de Sedan est aujourd'hui à l'agonie et vient de faire l'objet d'une procédure de liquidation judiciaire.
    [ l'union / L'Ardennais du 06/11/08 ]

    La ville de Sedan s'est portée acquéreur du matériel mis en vente en février 2009, et a acheté l'ensemble pour 25.000 €, malgré la présence de représentants de musées de Lyon et Bruxelles, seulement "intéressés par certaines pièces...".
    [ l'union/L'Ardennais du 20 février 2009 ]

  • L'activité du feutre de laine conserve ses traces au Musée atelier du Feutre de Mouzon.
... mais on ne vous a pas tout dit !